Cadeaux: les livres ont la cote

Cette année encore, nous avons tous et toutes été confrontés à ce dilemme: quoi acheter à nos chers et tendres pour le temps des Fêtes? Déterminés à faire plaisir aux enfants ou à la grande tante qu’ils ne voient pas souvent, certains optent pour une valeur sûre: le livre.

Mylène Thériault, de Caraquet, en offre souvent.

«C’est un bon choix pour les échanges cadeaux entre amis. Un livre, on le traîne avec soi. C’est un beau clin d’œil qui peut nous faire grandir», considère la pimpante jeune femme.

L’ère du numérique s’accompagne régulièrement du discours annonçant la mort des bouquins et autres reliures. Il n’en est rien!

Dans la Péninsule acadienne, les ventes se maintiennent. Tout particulièrement en décembre. À la librairie Le Bouquin, à Tracadie, Caroline Mallais, la responsable, confie que c’est la période la plus achalandée.

Particularité des dernières années, les acheteurs se tournent davantage vers les chèques-cadeaux qu’ils remettent ensuite à leurs proches. Libre à eux de choisir l’ouvrage qui fera leur bonheur.

«Nos clients préfèrent maintenant cette formule. Ils nous disent qu’ainsi, ils sont sûrs de ne pas se tromper», révèle Caroline Mallais.

Julien Cormier, copropriétaire des librairies Pélagie présentes à Bathurst, Shippagan et Caraquet, confirme que les déceptions post-déballages sont une réalité.

«Normalement, on n’autorise pas les retours sur les livres. En janvier, on voit toujours quelques personnes venir pour faire un échange. C’est tout de même rare.»

Comment expliquer cette constance dans le plébiscite que suscitent les œuvres littéraires? Julien Cormier a son avis sur la question.

«Il y a un intérêt pour la lecture qui est entretenu par le Salon du livre de la Péninsule», croit-il.

Le succès de ce rendez-vous populaire organisé annuellement à Shippagan est grandissant. En octobre, le nombre de visiteurs a atteint un record: ils étaient 15 000 (contre 13 500 en 2015).

Le libraire acadien met également en avant l’action du gouvernement.

«Les campagnes promouvant l’importance de l’alphabétisation incitent à lire.»

S’installer confortablement et feuilleter des pages plusieurs heures durant est présenté comme une saine activité comparé au temps passé devant un ordinateur, une tablette, un téléphone intelligent ou la télé.

Les plus réfractaires aux outils de communication modernes affirmeront qu’il s’agit d’une pause nécessaire. Lucie Mallet, de Saint-Léolin, n’est pas aussi catégorique.

Mère de deux adolescents âgés de 12 et 15 ans, elle leur achète à l’occasion des livres, y compris pour Noël. Ce n’est cependant pas dans le but de les détourner de leurs écrans.

«On ne peut pas se couper de la technologie. Il faut vivre avec son temps. Aujourd’hui, on est tous connectés. C’est comme ça! Après, c’est comme pour tout. C’est une question de juste milieu», explique-t-elle.

Lucie Mallet, que nous avons interrogée par hasard pour la réalisation de ce sujet, ne se définit pas comme «une grande liseuse». De livres, on s’entend. Car à côté de ça, elle se déclare fidèle lectrice de l’Acadie Nouvelle.

Les titres populaires

Fin décembre, enfants et plus grands ont trouvé des livres empaquetés au pied du sapin. Qu’est-ce qui a marché? Quels ouvrages se sont-ils arrachés? Deux libraires du Nord-Est nous répondent.

«Y a bien sûr les immanquables, du type Le Guide de l’auto ou le Guinness des records. Les auteurs à succès mondialement connus sont également des musts», observe Julien Cormier.

Les livres de cuisine ont aussi fait recette. Le deuxième tome de 3 fois par jour, écrit par Marilou et Alexandre Champagne, s’est très bien vendu. Impossible d’en trouver un exemplaire présentement dans les librairies Pélagie.

«On en a écoulé 88 copies depuis sa sortie en septembre, dont 37 rien que le mois dernier.»

À Tracadie, les acheteurs se sont tournés vers les ouvrages de développement personnel.

«On nous a beaucoup demandé Journal de vie, de Karine Ruel», informe Caroline Mallais.

Cet essai écrit par la psychothérapeute et coach de vie se veut «l’outil le plus puissant pour vous aider à créer votre bonheur». Tout un programme!

Les jeunes restent un public cible pour les éditeurs. La demande est toujours là, mais leurs thèmes de prédilection évoluent.

Les aventures de sorciers, incarnées par la saga des Harry Potter, et les amours contrariées de vampires, comme dans Twilight, sont passées de mode. Les romans fantastiques ou adaptés à partir d’une télésérie sont en vogue.

Dans cette avalanche de publications, les auteurs locaux tirent leur épingle du jeu.

«Les personnes âgées aiment les histoires acadiennes», affirme Caroline Mallais.

«La littérature acadienne a le vent dans les voiles, assure Julien Cormier. L’Assassin a toujours faim, de Christiane St-Pierre, a cartonné. On en a vendu 79 copies à date.»

Soit presque autant que le recueil de recettes de l’ancienne chanteuse québécoise.