Pêches: de grands espoirs, mais aussi des préoccupations en 2017

Si la prochaine année s’annonce prometteuse pour les homardiers et les crabiers du Nouveau-Brunswick, de nombreuses pêches mineures font face à des défis. Survol des dossiers à suivre dans l’industrie des fruits de la mer en 2017.

Près de 2200 personnes occupent un emploi sur un bateau de pêche commerciale au Nouveau-Brunswick. Environ 4400 autres oeuvrent dans le domaine de la transformation. Les fruits de la mer font rouler l’économie de dizaines de communautés côtières en Acadie.

Dans l’ensemble, les pêches commerciales se portent bien. Une économie mondiale en croissance et un faible huard favorisent les ventes à l’international. La valeur totale des exportations est passée de 695 millions $, en 2009, à 1,4 milliard $, en 2015.

Cela dit, certaines pêches, comme celles du pétoncle, du maquereau et du flétan, traversent une période difficile.

Le homard

La pêche au homard est de loin la plus importante au Nouveau-Brunswick. Près de deux tiers des revenus sur les quais sont reliés au «roi des crustacés».

Les stocks de homard dans les eaux de l’est du Canada grimpent en flèche depuis des années. Le phénomène a causé des problèmes en 2012, quand l’offre a largement dépassé la demande. Depuis, un environnement économique idéal a provoqué une explosion du prix du crustacé.

Les homardiers entament la nouvelle année avec de grands espoirs.

«La communauté scientifique nous dit qu’il y a des indicateurs très positifs concernant les années à venir», assure Michel Richard, de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM).

L’été prochain, la taille minimale du homard dans le détroit de Northumberland passera de 73 mm à 75 mm. Le dossier fait l’objet de discorde entre les pêcheurs du Nouveau-Brunswick et ceux de l’Île-du-Prince-Édouard. Les Néo-Brunswickois sont pour l’augmentation, affirmant qu’elle haussera la valeur du crustacé et améliorera les stocks. Les insulaires s’y opposent, affirmant qu’elle nuira à leurs marchés niches du petit homard.

En novembre, des pêcheurs du comté de Kent se sont rassemblés afin d’organiser un mouvement d’opposition à l’augmentation de la taille. Ils affirment que le rythme des augmentations est trop rapide et pourrait provoquer des pertes en 2017.

Le crabe des neiges

La deuxième pêche commerciale au Nouveau-Brunswick est celle du crabe des neiges. Elle représente plus de 21% des revenus sur les quais.

Un vent d’optimisme souffle sur l’industrie. Au printemps, des scientifiques avaient prédit que la biomasse du crustacé passerait de 59 000 à environ 75 000 tonnes, en 2017. De nouvelles données laissent plutôt prévoir une biomasse de 99 000 tonnes l’an prochain. Le quota des pêcheurs néo-brunswickois pourrait ainsi doubler par rapport à 2016.

Les données feront l’objet d’un examen scientifique des paires en fin janvier. Une réunion de comité consultatif sur le quota aura lieu en février, et il sera officialisé avant le début de la pêche, qui a habituellement lieu en avril ou en mai.

L’industrie du crabe des neiges est marquée par une saga judiciaire qui date de 2007. Les crabiers indépendants réclament une indemnisation de 250 millions $ afin de couvrir les dommages causés par un partage des quotas en 2003, ordonné par l’ancien ministre des Pêches et des Océans, Robert Thibault.

En novembre, la juge de la Cour fédérale Jocelyne Gagné a rejeté quatre des cinq causes de l’action. Peu après, les deux partis ont annoncé qu’ils ont l’intention d’interjeter appel.

Les pêches mineures

Les autres pêches au Nouveau-Brunswick représentent seulement 15% des revenus des pêcheurs de la province. Ils comprennent notamment le hareng (4%), la crevette (3%), le pétoncle (3%) et à l’oursin de mer (1%).

Les pêcheurs de pétoncle du Sud-Est ont traversé une année difficile en 2016. Ils croient que les changements climatiques nuisent à leur gagne-pain.

«Malgré le fait que la coquille, dans plusieurs endroits, est d’une bonne grosseur, le volume de chaire est bas. Il y a même des endroits où il y a des inquiétudes par rapport à la qualité de la chaire», explique M. Richard, ajoutant qu’une réunion a eu lieu avec des représentants du ministère des Pêches et des Océans (MPO), en décembre, puis que des intervenants suivront la pêche de près en 2017.

Les détenteurs de permis de pêche au maquereau ont aussi eu des maux de tête en 2016. La pêche du poisson, souvent utilisé comme appât, a été fermée subitement quand le quota de 8000 tonnes a été atteint.

«C’est la première fois depuis belle lurette que le quota a été capturé. Depuis 1992, le quota était extrêmement grand. Mais dans les dernières années, le MPO a réduit les contingents.»

Quant au hareng, des réunions auront lieu en février et en mars afin d’adresser des inquiétudes entourant les stocks de la pêche dans les régions de Shippagan et de Miscou. La situation est plus prometteuse dans le Sud-Est, où des signes laissent prévoir des prises satisfaisantes en 2017.

Enfin, la pêche au flétan a fait les manchettes en juillet dernier quand des pêcheurs ont manifesté à Caraquet et devant le bureau de circonscription du ministre Dominic LeBlanc. Les pêcheurs dénoncent le fait qu’ils ont un quota trop faible et qu’ils ont trop peu de temps à pêcher. Le ministre avait affirmé que des discussions auront lieu d’ici la pêche de 2017 afin de s’attaquer à la question du partage de la ressource.

Remaniement à l’UPM

L’Union des pêcheurs des Maritimes, qui regroupe plus de 1100 pêcheurs indépendants, concevra un plan en 2017 afin de remplir le vide laissé par le décès tragique du directeur général Christian Brun. Il a perdu la vie dans un accident de la route, le 5 décembre.

Les meneurs de l’organisme ont l’intention de se rencontrer au cours des prochaines semaines afin d’évaluer leurs besoins. Ils prendront le temps qu’il leur faut afin de bien planifier l’avenir. Dans l’intérim, les meneurs du groupe, dont les organisateurs syndicaux Michel Richard et Emmanuel Moyen, dirigeront l’union.