Le groupe Justice reproductrice NB exhorte une fois de plus le gouvernement provincial à financer les avortements pratiqués dans les cliniques privées. Cette sortie publique constitue une réaction aux propos récemment tenus par le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant.

Lors d’une rencontre éditoriale avec certains membres de l’équipe de rédaction de l’Acadie Nouvelle, le 6 janvier, le premier ministre a indiqué que le gouvernement était actuellement en train d’évaluer une procédure permettant de pratiquer des avortements dans un plus grand nombre de régions de la province.

À l’heure actuelle, aucun hôpital du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest n’offre cette procédure. Des interruptions volontaires de grossesses ne sont pratiquées que dans trois hôpitaux de Bathurst et de Moncton.

Les femmes peuvent aussi faire appel à une clinique privée de Fredericton, la Clinique 554, mais elles doivent payer la procédure de leur poche puisqu’elle n’est pas couverte par l’assurance-maladie provinciale.

Une situation qui n’est pas sur le point de changer si l’on se fie à ce qu’a déclaré Brian Gallant à l’occasion de la rencontre éditoriale du 6 janvier.

«Pour nous, c’est d’avoir des soins à travers notre système de soins de santé publique qui est important. C’est ça qu’on fait pour chaque procédure alors c’est ça qu’on va essayer d’avancer dans ce dossier aussi», a-t-il dit.

«Un simple trait de plume»

Saisissant la balle au bond, le groupe Justice reproductrice NB (JRNB) a publié un communiqué cette semaine pour inviter Brian Gallant à étendre la couverture de l’assurance-maladie aux cliniques privées et pour lui demander une rencontre afin de discuter de ce dossier.

«Nous sommes heureuses et heureux d’entendre que le premier ministre Gallant compte augmenter les points de services d’avortements dans la province, mais nous voulons lui rappeler qu’avec un simple trait de plume, il pourrait financer ces services dans les cliniques, dont la Clinique 554 de Fredericton, et les étendre dans toutes les communautés à travers la province»,  affirme la co-porte-parole du groupe, Allison Webster, dans ce communiqué.

Le JRNB avance que les avortements pratiqués dans les hôpitaux peuvent être accompagnés de plus longs temps d’attente et qu’il peuvent nécessiter deux rendez-vous (alors qu’il ne faut qu’une seule visite à la Clinique 554).

«De plus, certaines personnes craignent le manque de confidentialité et d’anonymat dans les hôpitaux. Tous les travailleurs et travailleuses des établissements hospitaliers ne sont pas pro-choix. Cela rend les patientes et les patients vulnérables au stigma, à la honte ou aux jugements», avance le JRNB.

Ouverture

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB), qui milite lui aussi pour un meilleur accès à l’avortement dans la province, n’est pas nécessairement contre ce que demande JRNB.

En entrevue avec l’Acadie Nouvelle, la directrice générale du RFNB, Nelly Dennene, explique que, même si elle souhaite avant tout que le gouvernement augmente le nombre de points de service dans le système public, elle se dit ouverte au financement des avortements pratiqués dans le secteur privé.

«Nous, forcément, ce qu’on souhaite c’est une accessibilité au niveau du (système) public. C’est un service de soin de santé nécessaire. En revanche, on n’est pas fermées au financement des cliniques privées, si ça peut en améliorer l’accessibilité. Mais notre position demeure tout de même en faveur d’un système public financé complètement par le gouvernement.»

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