Une nouvelle option pour l’école Moncton High enflamme le conseil

Un nouveau projet de développement pour l’ancienne école Moncton High a particulièrement divisé le conseil municipal lundi soir.

Les élus de Moncton ont offert lundi leur soutien à un projet privé présenté par les entreprises Bird et Terra Trust. La municipalité enverra une lettre d’appui à la province, actuellement propriétaire de l’édifice historique.

Le projet de Terra Trust et Bird Construction a été présenté à la municipalité récemment et peu de détails ont filtré jusqu’à présent. Les grandes lignes du plan n’ont pas été dévoilées: les élus refusent d’en dire davantage tant que les auteurs du projet n’auront pas décidé de communiquer avec le public.

La firme Bird assure la construction du centre multifonctionnel de Moncton et du restaurant Zio’s, situé juste en face de l’école. Terra Trust est un promoteur immobilier qui a développé plusieurs quartiers résidentiels en Saskatchewan.

Le maire adjoint Blair Lawrence s’est dit «encouragé» par la proposition. Le vote de lundi ne signifie pas que le projet est retenu mais plutôt qu’il mérite d’être examiné plus en détail par un comité mixte de la Ville et la province.

Un appui similaire a été accordé en mars 2016 au groupe de citoyens MH Renaissance qui souhaite transformer l’ancienne école en centre artistique et communautaire.

La question a toutefois suscité une forte opposition au sein du conseil. Cinq conseillers ont voté pour, cinq s’y sont opposés, obligeant la mairesse à trancher en faveur de la résolution.

«Je crois qu’il est de notre devoir envers les contribuables de prendre en considération cette proposition qui n’implique pas pour l’instant de fonds municipaux et qui est portée par des entreprises crédibles, a déclaré Dawn Arnold. C’est une question d’équité que de donner la chance aux deux propositions d’une analyse complète.»

Pendant sa campagne, la mairesse avait exprimé ses réticences au déménagement de la bibliothèque publique dans l’école, une idée au coeur du projet de MH Renaissance. Elle a affirmé lundi que plusieurs «questions sans réponses» demeurent.

Les bénévoles attendent depuis des mois une réponse de la Ville et de la province. Leur plan d’affaires est notamment basé sur un investissement public de 9,3 millions $ issu des différents paliers de gouvernement. La Ville de Moncton indique qu’un rapport d’analyse sera présenté au conseil fin février.

Paulette Thériault s’est dite «embarrassée» par le soutien accordé au projet privé qu’elle estime prématuré.

«C’est une claque au visage pour les citoyens qui travaillent sur leur concept depuis deux ans», juge la conseillère du quartier 1.

Elle a quitté la séance avant la fin pour afficher sa frustration. Mme Thériault craint que l’auditorium ne soit pas préservé.

«Ma grande inquiétude c’est qu’on a donné carte blanche à la province de faire ce qu’ils veulent parce que l’autre groupe n’a pas besoin de financement, dit-elle à la sortie. Une fois que c’est acheté, nous, on n’a plus un mot à dire…»

En effet, le gouvernement provincial reste propriétaire de l’édifice et du terrain. Il continue de payer le chauffage et l’électricité pour maintenir le site en état. C’est donc elle qui aura le dernier mot.