Bonnie Duguay prend le temps de partager ses conseils de cuisine aux visiteurs. - Acadie Nouvelle: Simon Delattre
Le centre alimentaire de Moncton veut combattre la pauvreté autrement
Le nouveau centre alimentaire de Moncton offre bien plus que quelques denrées. Les visiteurs y viennent jardiner, suivre des ateliers de nutrition et ils pourront bientôt participer à des cours de cuisine.
Les cartons sont remplis d’oranges, des courges, de poivrons, de raisins et autres concombres ce jeudi. Chaque matin, Bonnie Duguay dispose ces produits frais sur les tables avant l’arrivée des premiers clients.

«Ma passion c’est d’éduquer les gens à bien manger, dit-elle. Je leur montre quoi faire avec tel ou tel produit. Parfois ils reviennent et me disent qu’ils ont essayé, ça comble ma journée!»
Une vingtaine de bénévoles s’affairent cinq jours par semaine dans le Centre alimentaire communautaire Peter McKee, né de la fusion de trois banques alimentaires de Moncton en mai 2016. Situé dans l’ancienne garnison des Forces canadiennes sur la rue St. George, il dessert 1500 familles de la région.
La direction voit plus loin: le jardin sera agrandi à 100 emplacements cet été et une grande cuisine communautaire devrait ouvrir au mois de mars. Ce projet a jeudi reçu un coup de pouce de 138 220$ du gouvernement fédéral par l’entremise du programme d’infrastructure communautaire.
La cuisine servira notamment à congeler une partie des livraisons reçues par le Food Dépôt Alimentaire afin d’éviter les pertes. Cet espace sera ouvert à divers organisme, il permettra aussi au centre d’apprendre à ses clients comment cuisiner des plats nutritifs et sains et conserver les aliments périssables. Ils pourront même être formés à certaines tâches demandées par les restaurants comme la vaisselle ou le nettoyage.
Chantal Senecal, la directrice du Food Dépôt Alimentaire, veut faire du centre Peter McKee un outil d’intégration ayant une mission plus large que les banques alimentaires traditionnelles.

«Les banques alimentaires ont été mises en place pour les cas d’urgence. On veut aider les gens à long terme pour qu’ils retrouvent une autonomie et quittent l’insécurité alimentaire», explique-t-elle.
«On veut ajouter plus de programmes communautaires, pour apprendre à gérer leur argent, maîtriser l’estime de soi. C’est une approche globale qui s’attaque à toutes les causes de la pauvreté.»
Le gérant du centre, Ben MacMichael, imagine que les plats préparés dans la cuisine pourraient un jour être vendus au marché. Il croit que ces nouvelles possibilités pourront aider des gens à s’en sortir.
«Dans l’ancien système, on te donnait de la nourriture et on te disait «À la semaine prochaine». Les gens ne veulent pas entendre ça toute leur vie, ils veulent grandir, ils veulent de l’espoir. On doit leur donner les outils pour s’aider plutôt que de simplement leur tendre la main.»
Le centre abrite également la boutique Encore, un magasin à rabais géré par la Maison Nazareth. On y trouve des vêtements, des meubles et divers articles ménagers usagés.
L’équipe a lancé en septembre une campagne de financement d’un million de dollars pour aménager les lieux. La collecte va bon train, plus de 800 000 $ ont été amassés jusqu’à présent.



