Exclusif – Une annonce importante pour la sauvegarde de l’Institut de Memramcook

Une lueur d’espoir illumine l’Institut de Memramcook. Des représentants du gouvernement provincial doivent y faire une annonce «importante» lors d’une réunion publique, le 30 janvier, soit une journée avant le dépôt du budget provincial 2017-2018.

Le directeur de l’École Abbey-Landry et membre du comité de sauvegarde de l’Institut de Memramcook en a fait état jeudi matin, lors d’un déjeuner-conférence de la Chambre de commerce de Memramcook. Pierre Roy avait de la difficulté à contenir son engouement.

«Je n’ai pas les détails de l’annonce, mais on va avoir de très bonnes nouvelles. Ceci va transformer notre communauté, ramener Memramcook un petit peu plus comme c’était auparavant.»

L’avenir de l’édifice patrimonial de plus de 165 000 pieds carrés est incertain depuis la faillite de l’organisme qui l’administrait, en 2013. Le gouvernement provincial en est depuis devenu propriétaire.

Toutes les avenues ont été considérées pour éviter sa démolition, dont la mise en vente par l’ancien gouvernement conservateur de David Alward. L’option a été délaissée par le gouvernement libéral de Brian Gallant qui s’est quant à lui engagé à sa sauvegarde en lui trouvant une nouvelle vocation.

Les efforts se sont avérés infructueux jusqu’à présent.

L’ancien Collège Saint-Joseph abrite aujourd’hui le bureau du député de Memramcook-Tantramar, Bernard LeBlanc, des services administratifs du Réseau de santé Vitalité, et l’occasionnel cours de danse Zumba les soirs de semaine. Les revenus générés par ces loyers constituent une mince part des 550 000$ que doivent prévoir les contribuables néo-brunswickois au budget opérationnel de l’édifice pour le maintenir en bon état.

Cela pourrait changer prochainement, avance Pierre Roy.

«On parle de projets d’avenir, non pas de ramener un collège.

On a plein de projets présentement, comme un projet pour la petite enfance, un projet de centre communautaire. Ça va probablement voir le jour dans prochaines années», dit-il.

Le dossier de l’Institut de Memramcook a récemment été attribué à Jacques Pinet, chef de la direction du Secrétariat du conseil de l’emploi du Nouveau-Brunswick. Pierre Roy a bien hâte de continuer le travail avec lui.

La réunion publique aura lieu le 30 janvier, à 18h, dans l’Institut de Memramcook.

Victor Boudreau mise sur un partenariat entre gouvernements

Contacté mercredi après-midi par l’Acadie Nouvelle, le ministre Victor Boudreau s’est fait discret sur les plans quant à l’avenir de l’Institut de Memramcook. Il a confirmé avoir assisté à la récente rencontre du comité de sauvegarde de l’Institut, avec Bernard LeBlanc, député de Tantramar-Memramcook.

Il avait alors indiqué que rien n’était encore décidé, mais que des «bonnes nouvelles» pourraient survenir bientôt.

«Le premier ministre Brian Gallant a été très clair sur la question. Nous nous sommes engagés à sauvegarder l’Institut.»

Un partenariat public-privé a été évoqué à maintes reprises au cours de cette saga, mais cette avenue semble faire chou blanc. Les locaux de l’édifice patrimonial viennent avec bon nombre de clauses favorisant sa protection, ce qui freine les élans de certains promoteurs.

Trois groupes d’investisseurs dits «sérieux» ont inspecté les installations au cours de la dernière année, indique Victor Boudreau. Ce n’est pas énorme, poursuit-il, mais d’autres avenues sont possibles.

«Il n’y a pas de solution miracle à cette problématique. La sauvegarde de l’institut passera par des partenaires que ce soit le gouvernement provincial avec la municipalité et le gouvernement fédéral à Ottawa. La bâtisse appartient à la province du Nouveau-Brunswick. C’est certain qu’on aimerait le remplir plus tôt que tard.»

Une longue histoire

Fondé en 1864 à Memramcook par le père Camille Lefebvre, de la congrégation de Sainte-Croix, le Collège Saint-Joseph est devenu un des symboles de l’entrée du peuple acadien dans l’ère de la modernité.

Il s’agit de la première institution d’éducation postsecondaire francophone en Acadie. De nombreuses figures de proue de l’Acadie ont foulé ses salles de classe, comme les défunts Pascal Poirier, sénateur, et Roméo LeBlanc, ancien gouverneur général du Canada.

Seuls les hommes y étaient admis, en vertu des mœurs de l’époque, explique l’historien Maurice Basque.

«Comme les universités du temps n’étaient pas ouvertes aux femmes, ce sont des hommes qui sont passés par là. Elles devaient aller au couvent, comme au Collège Notre-Dame d’Acadie de Moncton, le Collège Jésus-Marie à Shippagan, ou encore à Saint-Basil pour avoir accès à un enseignement universitaire, afin d’obtenir un baccalauréat.»

Le monument actuel, juché sur la butte à Pétard, est en fait une reconstruction de l’édifice original. Un incendie a éclaté le 20 octobre 1933, consumant tout sauf l’une des chapelles, qui s’y trouve toujours aujourd’hui. Il a fallu moins d’un an pour rebâtir.

Trente ans plus tard, le Collège Saint-Joseph s’associa à l’Université de Moncton, nouvellement fondée. Le campus de Memramcook ferma ses portes en 1972, laissant comme seul occupant l’Institut de Memramcook, une école de langue jumelée d’un hôtel qui y avait emménagé en 1966.

«On peut dire que ça fait depuis 1963 qu’il y a des efforts pour toujours trouver une nouvelle vocation à cet édifice», poursuit l’historien.

«Les locaux ont continuellement changé de mains au fils des ans, jusqu’à la situation qu’on connaît aujourd’hui».

Maurice Basque se réjouit d’une annonce éventuelle du gouvernement provincial pour assurer la survie de l’Institut de Memramcook. Trop d’édifices patrimoniaux ont été démolis en Acadie, déplore-t-il.

«L’Institut de Memramcook est associé au village, oui, mais comme c’est une ancienne université, ce patrimoine dépasse largement la Vallée de Memramcook. Ça appartient à l’histoire de l’Acadie.»