Une élève malade envoyée à la mauvaise maison à Bathurst

Sophie Arseneau a eu la frousse de sa vie, jeudi, lorsqu’elle a vu sa fille arriver à la maison en taxi, en pleine journée d’école. Anabelle, qui fréquente l’école Académie-Assomption à Bathurst, a été confondue avec une autre élève qui porte le même prénom.

L’histoire commence comme bien des situations dans un établissement scolaire, sauf qu’elle prend rapidement une tournure inattendue.

Anabelle Arseneau, âgée de 9 ans, ne se sent pas bien dans la matinée. L’élève de 4e année veut donc rentrer au domicile familial.

La secrétaire, qui serait une remplaçante depuis le retour des Fêtes, appelle le parent pour l’avertir de l’état de santé de l’enfant.

Sauf qu’elle s’entretient avec la maman d’une autre fillette qui porte le même prénom, mais pas le même nom de famille. La mère demande que «sa» fille soit ramenée en taxi.

Vers midi quinze, Sophie Arseneau, qui est à sa résidence, voit sa fille descendre d’un taxi. Elle tombe des nues.

«La première chose que je lui dis est: « qu’est-ce que tu fais là? ». Un peu ébranlée, elle m’explique que la secrétaire l’a confondue avec l’autre Anabelle», relate la maman.

Très fâchée, celle-ci prend immédiatement contact avec l’école pour demander des comptes.

«La directrice s’est excusée et m’a expliqué que la secrétaire avait oublié de demander le nom de famille. Quand ma fille a dit qu’elle s’appelait Anabelle, elle a présumé que c’était celle qui est en 5e année. Elle a donc appelé sa mère, qui croyait évidemment que c’était sa fille. Elle a autorisé l’école à lui donner deux Advil et a donné des instructions pour la renvoyer en taxi. Apparemment que l’école donne ce service à certaines familles», relate Mme Arseneau.

«Cependant, quand la secrétaire a répété le nom de la rue au téléphone, ma fille a dit que ce n’était pas son adresse. La secrétaire a dit que c’était celle que sa maman avait donnée. Anabelle a insisté pour dire que ce n’est pas là qu’elle habite, donc la secrétaire a rappelé la mère, qui a confirmé l’adresse», continue-t-elle.

Même si Anabelle a récemment déménagé à Big River, près de Bathurst, elle réalise, une fois dans le taxi, qu’elle n’est pas sur le bon trajet.

«Le conducteur, qui parlait seulement anglais, l’a amenée à la maison de l’autre petite fille (à Bathurst Sud). Ma fille, qui ne parle pas anglais, s’est débrouillée pour lui faire comprendre que ce n’est pas là qu’elle vit. Elle a indiqué le nom de sa rue et lui a expliqué en chemin où nous restions. Le taxi l’a finalement apportée à la maison», poursuit la maman.

Après coup, elle s’est imaginé toutes les fâcheuses conséquences que l’incident auprès pu avoir.

«J’aurais pu ne pas être à  la maison. Et une chance que ma fille n’est pas allergique aux Advil. Il y a eu négligence. Ça aurait pu avoir de très graves conséquences. La secrétaire aurait dû demander le nom complet de ma fille ou le nom de sa mère. Il faut parfois faire confiance aux enfants. À neuf ans, elle sait où elle habite.»

Sophie Arseneau a déposé plainte auprès du District scolaire francophone Nord-Est, souhaitant que le personnel soit plus à l’écoute de l’élève.

«Nous reconnaissons que la situation est très préoccupante. Nous sommes plus que soucieux de l’information reçue et nous faisons une analyse détaillée de l’événement pour mieux comprendre ce qui s’est passé. Nous collaborons avec la famille et l’école et nous apporterons les corrections nécessaires à la fin de cette analyse», a déclaré Annie LeBlanc-Levesque, la coordonnatrice des relations stratégiques au district.

Alors qu’Anabelle se remet de ses émotions, le district lui a proposé du soutien psychologique si elle en ressentait le besoin. Toutefois, elle n’est pas retournée à l’école vendredi, ayant attrapé une gastro.