Les amateurs de VTT ne veulent plus d’autres motorisés sur leurs sentiers

La Fédération des véhicules tout-terrain du Nouveau-Brunswick ne veut plus voir d’autres véhicules motorisés dans les sentiers de VTT. Elle appelle le gouvernement provincial à modifier la loi.

La loi sur les véhicules hors route prévoit que les sentiers de motoneige ne peuvent être empruntés que par les motoneigistes du 1er décembre au 15 avril. En revanche, le texte ne contient pas d’article semblable pour les sentiers de VTT.

Le président de la fédération, Roger Daigle, souhaite que les utilisateurs de VTT obtiennent eux aussi un droit exclusif sur leurs sentiers. Il estime que la situation actuelle mène à des abus.

«Les camions et les autos entrent sur nos sentiers et détruisent tout. Il n’y a rien dans la loi qui donne à la GRC le droit de donner des amendes. Ça fait des gros trous, c’est très dangereux.»

Le partage des sentiers entre motoneigistes et amateurs de VTT demeure une source de conflits, en particulier dans la Péninsule acadienne.

«Ça va venir à la chicane, les membres sont en dispersion, ils perdent patience», lance Roger Daigle.

La Fédération des véhicules tout-terrain (FVTTNB) a donc lancé une pétition à l’attention des députés pour faire entendre ses doléances. Elle pourra compter sur un nombre important de soutiens: ses effectifs ont explosé de 2012 à 2016, passant de 9000 à 21 000 membres.

Les conducteurs de VTT demandent aussi depuis plusieurs années une amélioration du processus d’approbation de demandes d’accès à des rues, des routes ou des terres publiques pour leurs véhicules.

Selon M. Daigle, certaines demandes attendent une réponse depuis 2012. Le président de la FVTTNB pointe du doigt le manque de ressources au sein de l’administration provinciale.

«Beaucoup de municipalités sont prêtes à ouvrir l’accès à des rues pour que les utilisateurs puissent se rendre aux restaurants ou aux hôtels. Mais lorsqu’on fait la demande, ça prend une éternité avant que la ville puisse avoir la permission. Ça ne devrait pas prendre des années, au bout de neuf mois à un an, ça devrait être fait.»

Roger Daigle se plaint également de l’absence de signalisation sur les chemins ouverts aux VTT.

«Le ministère nous dit qu’il n’a pas les moyens de mettre les enseignes. Ça cause beaucoup de problèmes: le public ne sait pas qu’on a le droit d’être sur ces chemins.»

Il y voit des obstacles au développement d’une industrie qui génère des retombées de 55 millions $ par an au Nouveau-Brunswick.

«Il faut que le gouvernement nous prenne au sérieux. On veut créer un beau produit touristique pour la province.»

Contacté par l’Acadie Nouvelle, le gouvernement n’a pas confirmé si la loi sur les véhicules hors route sera modifiée ou non.

Au sujet des demandes d’accès aux sentiers, Tanya Greer, porte-parole du ministère de l’Énergie et du Développement des ressources, assure que le gouvernement réfléchit à «des façons d’améliorer le processus».

«Le ministère a entrepris un exercice d’amélioration des processus au cours des derniers mois pour rationaliser le processus de demande de sentiers. Un document d’orientation a été développé, afin que les demandeurs sachent dès le début quels documents et autorisations sont nécessaires. Lorsque tous les renseignements sont fournis au ministère par le demandeur dès le début, le processus d’approbation est beaucoup plus rapide.»