Verglas: «la crise la plus complexe» de l’histoire du N.-B.

«C’est la crise la plus complexe à laquelle nous avons dû faire face, la pire pour nos clients. On me parle de 1959. Mais à l’époque, la dépendance à l’électricité n’était pas celle que nous avons aujourd’hui», reconnaît Gaétan Thomas, le président-directeur général d’Énergie NB.

En ce cinquième jour de la crise du verglas qui frappe le Nouveau-Brunswick, la situation reste critique dans le comté de Kent et plus particulièrement dans la Péninsule acadienne où 75% des foyers sont toujours privés d’électricité. Les responsables d’Énergie NB espèrent ramener ce pourcentage à 40% d’ici lundi.

La situation ne s’est pas pas vraiment améliorée samedi, selon M. Thomas.

«On avance, mais pas à la vitesse qu’on voudrait», a commenté le PDG dans un point de presse, dimanche.

Au total, Énergie NB faisait état, à 12h dimanche, de 30 500 clients toujours privés de courant, dont 18 600 uniquement dans la Péninsule.

Les équipes de la société d’État qui s’activent sans relâche sur le terrain depuis mercredi sont confrontées à des conditions difficiles. Les vents violents qui ont balayé le nord-est de la province et l’abaissement des températures samedi ont compliqué leur travail.

M. Thomas a affirmé que les autorités «n’avaient pas (atteint) leurs objectifs» en raison de l’accumulation de glace sur les interrupteurs. Lorsque la glace a été retirée de ceux-ci, les fusibles de la plupart d’entre eux on sauté, a-t-il expliqué.

Autre élément qui joue contre les travailleurs, quand certaines lignes sont rebranchées, elles sautent en raison d’une demande accrue en électricité. En cause, les personnes qui connectent tous leurs appareils en même temps et montent le chauffage soudainement plutôt que graduellement.

«Hier (samedi, NDRL), on a réussi à rebrancher entre 5000 et 6000 foyers dans la Péninsule, mais on en a reperdu entre 3000 et 4000. On a fait deux pas en avant et un pas en arrière», déplore M. Thomas.

Celui-ci se veut rassurant. Il promet que ses hommes n’arrêteront pas tant que l’ensemble des foyers ne seront pas rebranchés.

Présentement, 315 équipes sont réparties et en action sur l’ensemble du territoire néo-brunswickois. Cela représente près de 1000 ouvriers, parmi lesquels des renforts venus du Québec et de la Nouvelle-Écosse.

«Ils travaillent tous très fort, 14 heures par jour. On a des équipes d’urgence pour les interventions de nuit. Leur moral est bon. Le soutien qu’ils reçoivent des gens les encourage», renseigne Gaétan Thomas.

La journée de samedi a été déterminante dans le travail de la reconstruction du réseau électrique de la province. Des employés d’Énergie NB ont pu se rendre dans des régions qu’ils n’avaient jusqu’alors jamais atteintes et se rendre compte de l’étendue des dégâts.

«Dans la Péninsule, on estimait qu’entre 125 et 175 poteaux étaient tombés. En réalité, c’est plus. On réalise qu’il y en a entre 350 et 400 à terre. C’est le double par rapport à la tempête Arthur de l’été 2014.»

Écoles fermées

Le District scolaire francophone Nord-Est a annoncé dimanche que toutes les écoles de la Péninsule acadienne seront fermées le lundi et mardi.

Les cours et activités du campus de Shippagan sont annulés pour la journée de lundi et jusqu’à nouvel ordre. Le campus reste ouvert à la communauté pour hébergement, repas et recharge des appareils électroniques.