Cette année, ce sera du crabe aux pinces d’or!

L’industrie du crabe des neiges du sud du golfe de Saint-Laurent a franchi une étape importante vers une saison historique, mercredi, en recommandant officiellement de doubler le quota.

Le Comité consultatif du crabe des neiges du sud du golfe du Saint-Laurent a recommandé, mercredi à Moncton, un total admissible des captures (TAC) de 43 822 tonnes pour la saison 2017. Il s’agirait d’un quota deux fois plus élevé que l’an dernier – qui était de 21 759 tonnes. Il s’agirait également du quota le plus élevé dans l’histoire de cette industrie.

La décision était attendue depuis décembre, lorsque des données scientifiques du ministère des Pêches et des Océans ont indiqué que la biomasse du crabe dans le golfe atteint 99 000 tonnes.

D’un point de vue mondial, la croissance de biomasse dans le golfe du Saint-Laurent est une exception à la règle. La pêche en Alaska traverse une période creuse depuis quelques mois, alors que les pêcheurs de Terre-Neuve-et-Labrador ont appris au début de la semaine que la biomasse dans leur zone de pêche a chuté de 40%.

Des représentants de l’industrie du crabe des neiges se sont réunis mercredi à Moncton. – Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron

Ainsi, alors que l’offre du crabe des neiges du Nouveau-Brunswick s’apprête à grimper en flèche, le stock sur le marché mondial est en chute libre.

«C’est un perfect storm à l’envers. La biomasse est robuste. Le crabe pêché va être de très bonne qualité, car c’est du nouveau crabe (le crabe plus vieux est sale et moins bon). De plus, le prix reste très bon cette année à cause de la pénurie de crabes sur le marché», affirme Robert Haché, consultant en pêches au service de l’Association des crabiers acadiens.

L’augmentation du quota testera les capacités de production des usines de transformation du Nouveau-Brunswick. Les transformateurs, qui souffrent d’une pénurie de main-d’oeuvre depuis des années, devront faire preuve d’organisation, d’innovation et de collaboration.

Si certains intervenants craignent le pire, plusieurs représentants de pêcheurs et de producteurs se font rassurants.

«Est-ce que ça va être un défi? Définitivement. C’est une saison extraordinaire. C’est du jamais vu. Mais on est assez prêts. Les pêcheurs avec qui ont fait affaire sont déjà sensibilisés à la façon de procéder, c’est-à-dire avec des limites et de la coopération. On a aussi effectué certaines modifications à l’usine qui devrait nous permettre de traiter ce qui va entrer chez nous», explique Annie Chiasson, de l’Association coopérative des pêcheurs de l’Île.

«Deux usines qui n’étaient pas en activité seront en service cette année. De plus, il y a une demande de crabe à l’extérieur du Québec et du Nouveau-Brunswick: les usines de Terre-Neuve qui vont vouloir du crabe. Il y a des gens qui s’inquiètent de perdre du crabe parce qu’il ne pourra pas être transformé, mais je pense que c’est un faux problème», a mentionné M. Haché.

Robert Haché, consultant en pêches au service de l’Association des crabiers acadiens. – Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron

L’augmentation de la biomasse en 2017 est due au fait que de nombreux crabes adolescents n’ont pas mué en 2015. Leur mue a plutôt eu lieu en 2016, ce qui fait en sorte que beaucoup plus de crabes ont atteint la maturité cette année.

Le TAC doit être confirmé officiellement par le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, d’ici le début de la pêche. Les crabiers espèrent larguer les amarres vers la mi-avril ou plus tôt, selon la fonte des glaces.

Les premières analyses démontrent que la biomasse pourrait diminuer à 77 700 tonnes l’an prochain, ce qui démontre néanmoins que la population de crabe se porte bien.