Plus de 530 emplois en jeu au N.-B.: Sears veut se faire rassurant

Les difficultés financières que vit le géant du commerce de détail Sears Holding Corp font craindre le pire au Nouveau-Brunswick, où Sears Canada a promis de créer 530 nouveaux emplois cette année.

Le géant du commerce de détail Sears Holding Corp a indiqué mardi dans son rapport annuel et aux investisseurs devoir 4,2 milliards $ et douter de son avenir aux États-Unis.

De fait, l’entreprise a perdu 2,2 milliards $ au cours de l’exercice se terminant en janvier et n’a pas obtenu de bénéfice annuel depuis 2010. Ses pertes depuis lors totalisent pas moins de 10,4 milliards de dollars.

«Nos opérations et nos résultats financiers sont assujettis à divers risques et incertitudes, ce qui pourrait avoir une incidence défavorable sur nos activités, nos résultats d’exploitation et notre situation financière», peut-on lire dans le rapport annuel de 140 pages de l’entreprise déposé à l’autorité américaine des marchés financiers.

Même si Sears exerce au Canada ses activités indépendamment de l’entreprise américaine, celle-ci détient tout de même 11,7 % des actions de Sears Canada.

Voilà pourquoi plusieurs craignent pour l’avenir des centres d’appels d’Edmundston et de Saint-Jean et pour celui des 530 employés qui doivent y travailler.

Les déboires financiers de l’entreprise ont trouvé écho jusqu’à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, où le premier ministre Brian Gallant a été talonné par l’opposition officielle.

Précisons qu’Opportunités NB, le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail et la Société de développement régional prévoient verser 8,7 millions $ à Sears Canada sous forme de subventions salariales et de prêts.

«Le premier ministre peut-il décrire ce qui lui a fait croire que donner des millions et des millions de dollars à Sears était une bonne idée?», a demandé le chef conservateur Blaine Higgs.

Brian Gallant a tenu à préciser que l’aide gouvernementale sera octroyée une fois les emplois officiellement créés par Sears Canada.

Joint par l’Acadie Nouvelle à son siège social de Toronto, l’entreprise a tenu à rappeler que Sears Holding et Sears Canada sont des sociétés bien distinctes.

«Les choses progressent très bien aux centres d’affaires d’Edmundston et de Saint-Jean. Nous avons pris notre premier appel à Edmundston le 20 février et en avons de plus en plus depuis. Nous avons toujours l’intention d’embaucher 180 personnes», a indiqué Vincent Power, le porte-parole de l’entreprise.

«Nous formons notre premier groupe d’associés cette semaine à Saint-Jean, où les activités vont commencer un peu plus tard qu’à Edmundston. Nous espérons recevoir notre premier appel à ce centre à la mi-avril», a-t-il ajouté.

Malgré ces propos rassurants, Sears Canada a annoncé  mardi avoir conclu une convention de crédit avec KKR Capital Markets LLC et GACP Finance LLC pour un prêt à terme garanti de 5 ans pouvant atteindre 300 millions $.

Le prêt, qui servira à répondre aux besoins généraux de la Société, est accessible en deux tranches, dont une de 125 millions $ qui a été retirée en entier mardi. Une deuxième tranche pouvant s’élever jusqu’à 175 millions $ pourra être touchée ultérieurement au gré de la société.

«Nous n’avons aucune information spécifique qui nous donnerait des raisons de craindre outre mesure pour les emplois à l’installation d’Edmundston», a indiqué le maire de l’endroit, Cyrille Simard.

Une visite de l’Acadie Nouvelle au centre d’appel de Sears Canada, jeudi à Edmundston, a permis de constater qu’une certaine activité professionnelle s’y déroulait.

Le stationnement de l’endroit destiné aux employés était jonché d’une cinquantaine de véhicules.

Un employé de l’endroit a indiqué au représentant de l’Acadie Nouvelle que 60 personnes étaient actuellement à l’emploi de Sears Canada dans ces installations et qu’il y avait peu d’inquiétude malgré les difficultés que traverse Sears aux États-Unis.

«Sears continue d’intensifier ses efforts ici à Saint-Jean. Je crois que l’entreprise a embauché 77 personnes et est sur la bonne voie pour embaucher 350 travailleurs sur une période de trois ans», a pour sa part raconté Steve Carson, le directeur de l’agence de développement économique Entreprise Saint John.

Avec la collaboration de Gilles Duval et Mathieu Roy-Comeau