Gerald Bourque fonde un nouveau parti: le KISS NB

Gerald Bourque s’est donné comme objectif de réduire la dette du Nouveau-Brunswick. Pour y arriver, il prend les grands moyens. Il vient de former un nouveau parti politique, KISS NB.

M. Bourque n’est pas un inconnu de la scène politique au Nouveau-Brunswick. Il s’était présenté à l’investiture du Parti libéral dans Fredericton-York. Après avoir été boudé par les militants, il a tenté sa chance comme indépendant dans la même circonscription lors des élections provinciales de 2014.

Il a perdu son pari. Il est arrivé bon dernier dans les résultats du scrutin, récoltant 240 votes. Le conservateur a remporté le siège dans Fredericton-York avec 2887 votes. Le libéral Randy McKeen a récolté 2365 voix.

Malgré tout, M. Bourque, un ancien ambulancier et fermier de Woodlands, près de Fredericton, croit en ses chances lors des prochaines élections provinciales. Il espère par ailleurs être en mesure d’avoir un candidat pour le KISS dans chacune des 49 circonscriptions du Nouveau-Brunswick.

«Nous planifions avoir des candidats dans chacune des circonscriptions de la province, si possible. Nous ne faisons que commencer. Nous avons enregistré le parti la semaine dernière, mais j’ai des intéressés à Moncton, Riverview, Saint-Jean, Miramichi, Bathurst, Woodstock et aux alentours de Fredericton où les gens me connaissent mieux», a avancé M. Bourque.

Contrairement à ce que laisse croire son nom, le nouveau chef de parti ne parle pas français. Il ne se dit pas contre le bilinguisme. Il croit plutôt que le système d’éducation devrait s’efforcer de mieux enseigner le français aux anglophones.

«C’est malheureux. Le bilinguisme est arrivé il y a 40 ans et ils n’ont pas encore trouvé la bonne façon d’enseigner le français. Je crois que c’est un système qui doit être réexaminé et repensé. Au cours des 25 dernières années, notre système d’éducation a connu des ratés. Nous sommes en queue de peloton des dix provinces. Ils injectent des millions et des millions et ça n’a pas fonctionné», a expliqué M. Bourque.

«Une chose que je veux dire à propos des francophones dans cette province, c’est qu’ils apprennent beaucoup mieux l’anglais que les anglophones réussissent à apprendre le français. J’ai visité toute la province et je n’ai jamais de difficulté à avoir un service en anglais», a renchéri celui qui affirme avoir perdu son français il y a 50 ans.

Le piètre état des finances publiques est la principale raison pourquoi l’homme âgé de 70 ans se lance en politique provinciale. Il se dit dépassé par la dette prévue de 14 milliards d’ici la fin de l’exercice financier de 2017-2018 et le déficit anticipé de près de 192 millions $.

«La chose la plus importante, c’est de résoudre le problème du déficit. Si on n’a pas ça sous contrôle, il n’y aura plus d’argent pour l’éducation, les soins de santé et les aînés. Ce sera dévastateur», a-t-il lancé.

Il affirme pouvoir assainir les finances de la province en n’éliminant aucun service.

«Je ne crois pas que nous avons besoin de couper des services. Je crois que ces services sont les seules choses qui permettent à la province de survivre. Il y a d’autres façons d’obtenir des fonds et de réduire la dette sans couper des services. Il y a énormément de gaspillage actuellement.»

Lorsqu’il parle de gaspillage, Gerald Bourque fait référence aux millions de dollars injectés dans la construction d’autoroutes. C’est trop selon lui. Il faut rentabiliser le réseau routier de la province.

«Plusieurs automobilistes ne font que passer par notre province. Je crois qu’il faudrait instaurer des péages aux entrées de la province, rien de trop dispendieux, 3$ pour les voitures, 5$ pour les camions et 10$ pour les plus gros véhicules», a-t-il précisé.

Et, le nom du parti, d’où vient-il? Il s’agit d’un acronyme pour une expression anglo-saxonne que M. Bourque a modifiée: «Keep it simple solutions».

«Je sais que des gens vont dire Keep it simple, stupid», a-t-il conclu avec sourire.