Éoliennes: des municipalités de la Péninsule misent sur le vent

Aux prises avec des situations économiques précaires, des municipalités de la Péninsule acadienne misent sur le développement éolien pour améliorer leur sort. Plusieurs entreprises s’intéressent au potentiel de la région et, pour certains élus, ce n’est qu’une question de temps avant que des éoliennes fassent partie du décor.

Selon le maire de Grande-Anse, Réginald Boudreau, un projet éolien d’envergure permettrait de renflouer les coffres municipaux.

«Comme municipalité, nos budgets sont assez restreints. S’il y avait des éoliennes et que chaque municipalité impliquée dans le projet pouvait toucher des revenus annuels, on pourrait faire un peu de développement dans nos communautés. Tant qu’à avoir des éoliennes dans le paysage, ce serait bien qu’il y ait des retombées positives», explique M. Boudreau.

Il est connu que les petites municipalités de la province naviguent avec des moyens financiers restreints. Par exemple, le budget de Saint-Léolin se chiffrait à 576 000$ en 2017 et il s’élevait à 969 000$ en 2016 à Grande-Anse. À titre comparatif, cette année, la municipalité de Caraquet mise sur un budget de 6,7 millions$.

Possibilités économiques

La possibilité de développer un projet éolien est revenue à l’ordre du jour il y a quelques semaines lorsqu’il a été annoncé qu’un représentant de l’entreprise Naveco Power visitait des résidences pour convaincre les propriétaires de signer une entente.

Le but est d’avoir accès à leur terrain dans l’éventualité où l’entreprise de Fredericton obtiendrait un contrat pour développer un parc éolien d’une capacité de 200 mégawatts dans la région.

Le projet concerne non seulement Saint-Léolin et Grande-Anse, mais également Bertrand, Maisonnette et d’autres districts de services locaux, dont Anse-Bleue.

Les municipalités sont intéressées par les possibilités économiques offertes par l’énergie éolienne, mais elles en ont encore beaucoup à apprendre sur la question, avoue Mathieu Chayer, maire de Saint-Léolin.

Grande-Anse et Saint-Léolin songent à retenir les services d’un consultant pour les aider à naviguer dans cet univers.

«Des possibilités se sont ouvertes. On a les meilleurs vents du monde ici. Pourquoi ne pas en profiter? On ne parle pas d’avoir une mine à ciel ouvert, on parle d’utiliser le vent qui nous décoiffe déjà chaque jour. Je pense que c’est un plus pour la communauté, mais il faut que nous soyons bien informés. Ce n’est pas un dossier facile parce que c’est du nouveau pour nous», ajoute le maire Chayer.

Naveco Power

L’objectif de Naveco Power est d’exporter de l’énergie au Massachusetts, qui a adopté en 2016 une loi sur l’énergie propre. L’entreprise a jusqu’au 12 avril afin de soumettre une offre au gouvernement de l’État américain et, pour maximiser ses chances, l’entreprise tente d’étoffer son dossier.

«Nous souhaitons créer des emplois pour stimuler l’économie locale. Nous voulons développer un projet qui sera au minimum, aussi gros que celui de Lamèque, soit 30 turbines et 45 mégawatts», souligne Amit Virmani, PDG de Naveco Power.

Récemment, Énergie NB a aussi lancé un programme pour encourager les municipalités, coopératives et les organismes sans but lucratif à développer des projets d’énergie renouvelable à petite échelle pour la production de 40 mégawatts d’électricité.

Naveco Power n’est donc pas la seule entreprise à avoir démontré de l’intérêt, précise Réginald Boudreau, maire de Grande-Anse. La municipalité a aussi été approchée par Inerco, une entreprise de l’Espagne et Community Wind Farms, un groupe de la Nouvelle-Écosse, explique M.Boudreau.

L’élu et ses homologues de la Péninsule acadienne se montrent prudents, mais les municipalités sont prêtes à travailler en collaboration avec l’entreprise qui décrochera éventuellement un contrat et les permis nécessaires.

«On veut un maximum de retombées pour la communauté, mais le projet doit répondre à certains critères. Par exemple, les éoliennes ne peuvent pas être plus près qu’une certaine distance des maisons.»

Étant donné l’intérêt et le potentiel éolien, le maire Boudreau demande aux citoyens d’attendre avant de s’engager à long terme avec une entreprise quelconque.

«Si les gens ne signent pas, ça nous met dans une position de pouvoir négocier avec n’importe quelle compagnie. On n’est pas contre les éoliennes, mais on veut garder toutes les possibilités ouvertes», mentionne Réginald Boudreau.