Les portes de l’Europe s’ouvrent aux homardiers acadiens

L’abolition de tarifs de 6% à 20% sur les produits de l’industrie du homard exportés en Europe fera le bonheur des homardiers néo-brunswickois à moyen et à long terme.

L’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne pourrait être implanté de façon provisoire le 1er mai.

Si l’accord inquiète les pêcheurs du Maine (lire encadré), l’industrie canadienne du homard l’envisage avec optimisme. L’an dernier, l’Europe a importé près de 300 millions $ de homard de l’Amérique du Nord, la moitié du Canada et le reste des États-Unis.

L’accord abolira des tarifs allant jusqu’à 20% sur les produits du homard exportés du Canada vers l’Europe.

«Il n’y a pas de doute que c’est positif. On pensait peut-être que ça allait prendre un peu plus de temps. C’est vu d’un bon oeil», affirme Michel Richard, de l’Union des pêcheurs des Maritimes.

Les plus grands gagnants à court terme de l’adoption de l’AECG sont les exportateurs canadiens de homard vivant. Le jour même où l’accord sera mis en oeuvre, le tarif de 8% sera radié.

Les homardiers néo-brunswickois devront attendre quelques années avant de bénéficier pleinement de l’entente, car leurs débarquements sont réservés presque exclusivement à la transformation. Contrairement au homard vivant, les tarifs sur les produits transformés du homard seront levés progressivement.

«Ça veut dire que pour nous autres, il n’y aura pas un gros impact à court terme, puisque la majorité de notre homard prend la direction des usines de transformation. On est quand même contents que le processus s’enclenche rapidement», mentionne M. Richard.

Le tarif de 6% sur le homard entier, cuit et congelé («whole cook» et «popcycle») sera éliminé sur une période de 3 ans, selon Geoff Irvine, directeur général du Conseil canadien pour le homard. Le tarif de 16% sur les pinces et les queues de homard congelé seront éliminés sur 3 ans, alors que celui de 20% sur la viande de homard sera levé progressivement sur une période de 5 ans.

«Ça va prendre un certain temps pour que les impacts soient ressentis. Les tarifs seront éliminés au cours des prochaines années, et c’est trop tôt pour savoir comment les marchés vont réagir. Je serais prudent par rapport aux prédictions sur les impacts immédiats», mentionne M. Irvine.

En février, quand le parlement européen a approuvé l’accord de libre-échange, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé que l’accord sera implanté au printemps. Elle pourrait entrer en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant la fin des procédures internes des deux pays, selon le parlement européen.

Ainsi, l’accord pourrait être implanté aussi tôt que le 1er mai, et aussi tard que le 1er juin ou le 1er juillet.

Au Canada, la loi C-30 sur la mise en oeuvre de l’AECG a été approuvée par la Chambre des communes. Elle se retrouve devant le sénat, qui a fait la deuxième lecture du projet de loi en début mars. Jeudi dernier, un comité sénatorial s’est penché sur la question. Il a reçu les témoignages du ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, et de cinq autres intervenants. Le sénat pourrait prononcer son mot final sur le projet de loi cette semaine.

Les travaux qui ont mené à l’AECG ont commencé il y a près de 10 ans. En juin 2007, lors du Sommet Union européenne-Canada de Berlin, les dirigeants des deux groupes ont convenu de mener une étude sur un partenariat économique.

Des années de négociations sont presque tombées à l’eau, l’an dernier, quand la région autonome de Wallonie, en Belgique, a utilisé son droit de véto afin de bloquer l’accord. Les politiciens wallons craignaient que l’accord contrevienne aux normes du travail, de l’environnement et de la consommation. La Wallonie a retiré son opposition à l’entente en octobre 2016.

Peu après, Justin Trudeau s’est rendu à Bruxelles afin de signer l’accord libre-échange.

Chute du quota du crabe des neiges à TNL

Le ministère des Pêches et des Océans a confirmé la baisse du quota de crabe des neiges à Terre-Neuve-et-Labrador, lundi. Le total admissible des captures (TAC) passe de 45 667 tonnes à 35 419 tonnes, à comparer à l’an dernier, soit une baisse de plus de 22%.

La baisse du quota était prévue depuis la fin de 2016, quand des données scientifiques ont dévoilé une baisse de la biomasse du crabe des neiges dans les eaux pêchées par les crabiers terre-neuviens.

Le quota dans la région nordique va dans le sens contraire du TAC dans les eaux pêchées par les crabiers néo-brunswickois. Dans la zone 12, qui comprend la majeure partie du sud du golfe du Saint-Laurent, la biomasse du crabe des neiges a grimpé en flèche cette année en raison d’une mue tardive en 2015. Il est prévu que le quota sera le double de l’an dernier, passant de 21 759 tonnes à 43 822 tonnes.

La baisse du quota à Terre-Neuve-et-Labrador permettra d’équilibrer l’offre et la demande sur les marchés. Cela laisse croire que les prix seront relativement élevés, malgré le fait que le quota du crabe sera le double au Nouveau-Brunswick.