Soins aux aînés francophones: de l’action après quatre ans d’attente

La question de la langue dans les services aux aînés fera finalement l’objet d’un examen après avoir été mise de côté en 2013.

Il n’est pas toujours facile de recevoir des soins et des services dans sa langue pour les aînés francophones des régions à majorité anglophone de la province.

La problématique est bien connue des groupes de défenses des aînés francophones, mais ignorée par les législateurs.

Malgré les demandes de la communauté, le gouvernement a préféré ne pas légiférer sur la question lors de la révision de la Loi sur les langues officielles en 2013.

Le comité bipartisan chargé de la révision s’était plutôt contenté de recommander au gouvernement d’étudier le dossier et de préparer un plan d’action.

Quatre ans plus tard, un groupe de travail formé de fonctionnaires et d’intervenants du milieu est finalement sur le point de se pencher sur les recommandations du comité.

Il était minuit moins une, selon le directeur général de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick, Jean-Luc Bélanger, qui fait partie du groupe de travail.

«Nous étions sur le bord de déposer une poursuite, raconte-t-il. Et ça ne veut pas dire que si nous ne sommes pas satisfaits nous ne déposerons pas une poursuite plus tard. Nous n’avons pas renoncé à ça.»

Il est primordial que les aînés «puissent continuer à vivre leur langue et leur culture» lorsqu’ils ont besoin de soins, résume M. Bélanger.

Le groupe de travail compte notamment dans ses rangs des fonctionnaires du ministère du Développement social, du ministère de la Santé et du ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture.

Des représentants des foyers de soins, des universités du troisième âge et des enseignants francophones à la retraite font également partie du comité.

Ils ont notamment pour mission de revoir l’ensemble des lois et des règlements applicables aux aînés et à la langue.

Même si les services aux aînés sont subventionnés par l’État, le gouvernement délègue une grande part de ses responsabilités au secteur privé et à des groupes sans but lucratif qui ne sont pas couverts par la Loi sur les langues officielles.

«Les aînés francophones n’ont actuellement accès à aucune législation pour se défendre ou déposer une plainte. Ils ne sont pas protégés», déplore Jean-Luc Bélanger.

Le groupe de travail est en ce moment à la recherche d’un directeur de projet pour les épauler. Le groupe devrait soumettre son rapport au gouvernement d’ici à la fin de l’année.

Ce rapport viendra vraisemblablement après la signature du contrat entre le gouvernement et le secteur privé pour la construction et l’exploitation d’un foyer de soins bilingue de 60 lits à Fredericton.

L’Acadie Nouvelle rapportait la semaine dernière que les aînés francophones de la capitale qui réclament plutôt un premier établissement homogène en français souhaite rencontrer la ministre des Aînés et des Soins de longue durée pour lui faire part de leurs préoccupations.