Les oies de Moncton dans la ligne de mire du gouvernement provincial

La population croissante d’oies sauvages dans le rond-point à haute vitesse de Moncton est dans la ligne de mire du gouvernement provincial. Afin de protéger les conducteurs, Fredericton a érigé une clôture autour d’un étang dans le rond-point et récupéré 79 oeufs de 18 nids de bernache.

En juin 2010, une jeune femme a arrêté sa voiture dans la voie gauche de l’autoroute 30, près de Montréal, afin de sauver des canards. Un motocycliste qui la suivait n’a pas pu l’éviter. Un homme et sa fille sont décédés dans l’accident. La conductrice a écopé d’une peine de 90 jours en prison et de 10 années sans conduire.

Vendredi matin, le ministre des Transports et de l’Infrastructure du Nouveau-Brunswick, Bill Fraser, a invoqué cette tragédie en annonçant que le gouvernement provincial prendra des mesures afin de réduire la population de bernaches dans le rond-point à haute vitesse situé près de la Place Champlain de Dieppe.

La population d’oies a explosé dans l’espace humide au cours des dernières années. L’équipe de M. Fraser a élaboré un plan afin de réduire les risques pour les conducteurs et les oiseaux.

En 2016, une quinzaine d’outardes ont été heurtées sur l’artère fort achalandée, et ce, de mars à mai.

«Nous ne voulons pas qu’une telle tragédie (comme celle du Québec) se produise ici, dans notre province. La sécurité et le bien-être de nos conducteurs et leurs passagers sont notre priorité. Nous prenons cette responsabilité très au sérieux.»

«Le potentiel existe pour une collision sérieuse alors que des conducteurs bien intentionnés essaient d’arrêter ou de tourner brusquement afin d’éviter des oies sur la route.»

En partenariat avec le Atlantic Wildlife Institute, Fredericton a pris deux mesures afin de réduire la population d’oies dans le rond-point. Ils ont érigé une clôture autour d’un étang situé à l’intérieur du rond-point. Cela doit décourager les oies de s’y rendre afin d’élever leurs petits, l’étang étant un refuge qui permet de se protéger contre les prédateurs.

De plus, des employés du gouvernement ont récupéré 79 oeufs qui venaient tout juste d’être pondus à l’intérieur du rond-point. Les oeufs ont été pris avant le début de la période d’incubation, donc avant le développement d’un embryon.

«C’est important de le faire au tout début du cycle. S’ils sont là trop longtemps, tu arrives à un point où tu ne peux pas toucher aux oeufs parce que leur développement est trop avancé», explique Pam Novak, directrice du refuge pour animaux sauvages Atlantic Wildlife Institute.

Les oeufs ont été placés sur la glace afin d’interrompre leur développement. Ils seront remis au Musée du Nouveau-Brunswick qui s’en servira pour la recherche scientifique.

Les méthodes utilisées sont celles suggérées par l’organisme de protection des animaux Humane Society of the United States. Elles suivent aussi les normes du Service canadien de la faune.

L’équipe du gouvernement provincial a l’intention d’effectuer un autre examen des lieux dans une dizaine de jours. Le processus entier doit durer de deux à quatre ans. Pendant cette période, Fredericton espère briser le cycle de l’habitation des oies dans le rond-point.