CMA 2024: une idée bien accueillie au Restigouche et en Gaspésie

Bien qu’encore embryonnaire, l’idée de proposer la candidature d’un Congrès mondial acadien dans la baie des Chaleurs pour 2024 est plutôt bien accueillie au Restigouche et en Gaspésie.

Lundi, le conseil municipal de Bathurst s’est engagé à soutenir la candidature de la région Chaleurs pour l’organisation d’un éventuel Congrès mondial acadien (CMA) dans son secteur. Cet appui est toutefois conditionnel à ce que le Restigouche et la Gaspésie se joignent également à l’aventure, question non seulement de partager la facture, mais aussi d’être plus représentatif de la baie des Chaleurs.

Ce ne serait pas la première fois que Bathurst et Campbellton – deux régions voisines aux réalités grandement similaires – travaillent main dans la main. Dans les années 1990, elles avaient combiné leurs voix et posé une candidature conjointe pour les Jeux d’hiver du Canada 2003, jeux qu’elles ont obtenus.

Qu’en pensent les intervenants du Restigouche et de la Gaspésie? Nous avons parlé à quelques-uns d’entre eux et les réponses semblent plutôt encourageantes.

À Campbellton, on avoue être peu familier avec le projet à ce stade. Toutefois, la mairesse de l’endroit, Stéphanie Anglehart, concède que l’idée a du potentiel.

«On va certainement faire un suivi avec notre conseil afin de discuter de la question et la présenter à la Commission de services régionaux, car un appui régional est nécessaire pour un tel projet», estime-t-elle, ajoutant qu’à première vue, elle trouve l’initiative intéressante.

Le président de la CSR-Restigouche, Michel Soucy, promet quant à lui d’être très attentif.

«C’est encore très tôt dans le processus. Si ça va plus loin qu’un simple souhait et que le Québec se montre également intéressé, il faudra regarder ce que ça implique pour nos communautés, si la volonté de participer est la même chez tout le monde», indique-t-il.

Également maire d’Atholville – une municipalité à majorité francophone et acadienne –, M. Soucy avoue avoir lui-même assisté à presque tous les CMA. Il a aussi été bénévole actif lors des Jeux d’hiver de 2003.

«J’ai donc une bonne idée de ce que ce genre d’événements à grande envergure comporte comme organisation. C’est immense, mais tout est possible. On a vu que l’on était capable de bien le faire en 2003. Chose certaine, ce serait une belle activité pour le Nord du Nouveau-Brunswick et la Gaspésie», poursuit le maire, qui attend maintenant un coup de fil de la part de son homologue de Bathurst, ou encore du comité de mise en candidature, avant de pousser le dossier plus loin.

Ancien membre de l’équipe organisatrice des Jeux d’hiver du Canada 2003 Bathurst-Campbellton, Yves Gagnon trouve pour sa part que l’organisation du CMA de 2024 serait un (autre) beau projet rassembleur pour les régions Chaleur et Restigouche, mais aussi une occasion de raffermir les liens entre la Gaspésie et le Nord du Nouveau-Brunswick.

«J’ai vu les impacts positifs pour nos régions au cours des années précédant et suivant les Jeux de 2003. D’ailleurs, ces liens que nous avions tissés à l’époque existent toujours», dit-il.

Président de la Société historique Machault, qui met en valeur l’histoire acadienne des deux côtés de la Restigouche, Michel Goudreau voit aussi d’un bon œil la candidature de la baie des Chaleurs pour l’organisation d’un CMA.

«C’est certainement une candidature qui serait tout à fait sensée et appropriée», affirme ce dernier, notant que les branches familiales sont sensiblement les mêmes des deux côtés de la baie.

Celui-ci se rappelle qu’il y a quelques années, un membre de la branche locale de la SANB avait proposé l’idée d’un tel rassemblement pour la baie des Chaleurs.

«À l’époque, il y avait des candidatures plus organisées provenant d’ailleurs, alors ça n’a jamais abouti en propositions concrètes, sachant que nos chances de l’emporter étaient minces. Mais c’est intéressant de voir l’idée revenir dans l’actualité», explique l’homme de Pointe-à-la-Croix.

Ce dernier voit avec un congrès une occasion en or de mettre en valeur la riche histoire acadienne de l’endroit.

«La candidature de la baie des Chaleurs serait d’autant plus intéressante qu’on parle de résistance. Énormément de gens qui ont fui la déportation se sont retrouvés ici. C’est un élément très important de l’histoire. À mon avis, l’histoire, c’est l’assise même de la raison d’être des CMA. Malheureusement, plus ça va, plus on l’évacue des programmations au profit d’autres activités plus commerciales. On aurait une bonne occasion de la célébrer et de la faire connaître», explique-t-il.

À l’autre extrémité du territoire, à Bonaventure en Gaspésie, l’attachement à l’Acadie est aussi très fort. Ce n’est pas pour rien qu’on y retrouve un musée destiné à l’histoire acadienne.

Directrice du Musée acadien de Bonaventure, Lousie Cyr verrait d’un bon œil une telle collaboration entre les trois régions pour une candidature au CMA.

«Ce serait une belle occasion de fraterniser, car il y a beaucoup de gens en Gaspésie qui ont des racines acadiennes. Les villes de Carleton et de Bonaventure par exemple ont été fondées par des Acadiens. Il y aurait donc certainement un intérêt ici pour un tel événement, car on est parfois un peu oublié dans la grande famille acadienne», exprime Mme Cyr.

Membre du comité de la Société Nationale de l’Acadie sur l’avenir du CMA, elle a maintenant doublement hâte de voir quelle sera l’approche de l’organisme acadien face au futur congrès…