Construction navale dans la Péninsule: 80 nouveaux emplois

Il y a quelques années, l’avenir du Centre naval du Nouveau-Brunswick était plongé dans l’incertitude. Petit à petit, les choses se remettent en place et près de 80 nouveaux emplois ont été créés dans le domaine de la construction navale dans la Péninsule acadienne.

Depuis la fin avril, le Groupe Océan compte maintenant plus de 50 employés à Bas-Caraquet, souligne Philippe Filion, directeur des affaires publiques et corporatives pour l’entreprise basée au Québec.

Le Groupe Océan construit présentement une cale sèche flottante ayant la capacité de transporter des navires de plus de 8000 tonnes.

Dans un hangar géant occupé par le Groupe Océan, les travaux de construction de la cale sèche avancent bien et la première phase de ce projet en trois parties, soit une section de 200 pieds, devrait être terminée en 2018, ajoute Philippe Filion. Deux autres sections de 110 pieds seront construites par la suite.

«C’est le résultat du travail des personnes que nous avons embauchées et formées. Elles seront éventuellement capables de participer à la construction de navires de plus en plus complexes. Nous continuons de soumissionner sur des projets, car nous voulons faire de la construction et de la réparation navale à Bas-Caraquet, ç’a toujours été notre objectif.»

Il y a un mois, Allain Brideau, de Pont-Lafrance, près de Tracadie, a décroché un emploi à Bas-Caraquet après avoir travaillé dans la région de Matane, en Gaspésie, pendant deux ans.

«J’avais envie de revenir dans ma province. Je voulais revenir voir mes amis de longue date et ma famille», dit le jeune soudeur âgé de 22 ans.

Lorsqu’il suivait une formation en soudure au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, il ne s’attendait pas nécessairement à se trouver un emploi dans la région.

«J’ai gradué en 2015 et il n’y avait pas beaucoup d’emplois dans mon domaine dans la Péninsule acadienne. On avait entendu parler que le Groupe Océan pensait s’établir, ça semblait intéressant.»

Mise à l’eau d’un crabier

Construction Navale Atlantique, une autre entreprise installée à Bas-Caraquet, compte 32

employés, informe Jean-Pierre Robichaud, directeur général de l’entreprise.

La plus récente réalisation de l’entreprise: Le Nutamet, un crabier de la série Côte-Nord 55. Une première mise à l’eau a eu lieu à la fin avril pour un premier test en mer. Une autre mise à l’eau a eu lieu mercredi après-midi pour effectuer d’autres essais en mer.

Les premiers résultats ont été concluants, dit Denis Servant, qui était de passage à Bas-Caraquet pour représenter son client, la Première Nation Malécite de Viger, près de Rivière-du-Loup, au Québec.

«Mon client avait besoin d’un nouveau bateau et je lui ai conseillé d’acheter un bateau de ce modèle-là. Le client est super heureux. Il aime la conception et il était satisfait des premiers tests en mer. On m’a demandé de venir finaliser le dossier», explique M.Servant.

Avant d’arrêter son choix sur ce crabier, le consultant a visité des chantiers navals un peu partout dans l’est du pays.

«C’est un bateau qui répond aux besoins de mon client. J’ai fait le tour des chantiers et quand je suis tombé là-dessus, je suis tombé en amour à cause de sa stabilité et sa vitesse. Il a aussi un grand espace de travail pour les pêcheurs.»

Des améliorations attendues

En décembre 2015, le Groupe Océan a annoncé la suspension temporaire de ses activités dans la Péninsule acadienne en attendant une solution durable aux problèmes financiers du Centre naval du Nouveau-Brunswick. L’organisme devait 2,4 millions $ à des fournisseurs, dont 720 000$ au Groupe Océan.

Après plusieurs mois de pourparlers, les gouvernements provincial et fédéral sont éventuellement intervenus afin de régler l’affaire. Le gouvernement provincial est devenu propriétaire des lieux pour la somme symbolique de 1$ et ensemble, les deux paliers de gouvernement ont promis d’investir un total 25 millions $.

Une partie des fonds doit permettre de remplacer et de réparer des infrastructures existantes, dont le ber cavalier, le quai en U et une rampe d’accès.

Il y a quelques semaines, le député de Caraquet, Hédard Albert, a confirmé qu’un ber cavalier pouvant soulever des bateaux pesant jusqu’à 300 tonnes a été commandé.

Les responsables du Groupe Océan attendent maintenant avec impatience une annonce concernant la rampe d’accès. La rampe actuelle, construite au début des années 1970, n’est plus fonctionnelle.

«On l’a souvent dit, un chantier naval sans rampe d’accès, ça ne peut pas fonctionner. Dans tous nos projets, ça va nous prendre une rampe avec une bonne capacité. C’est ça qui va permettre de développer des affaires à Bas-Caraquet. Le ber cavalier c’est une chose. C’est pour lever des bateaux de 300 tonnes et moins. La rampe permet de lever des navires de 600 tonnes et plus. C’est un marché complètement différent», explique Philippe Filion.

L’Acadie Nouvelle a tenté de joindre Donald Arseneault, ministre responsable de la Société de développement régional, pour une mise à jour, mais sans succès.

Il y a quelques semaines, un porte-parole de la Société de développement régional a fait une déclaration sans offrir de détails.

«Nous sommes en train de travailler sur le projet d’infrastructure. Des demandes de propositions ont été lancées concernant certaines composantes du projet d’infrastructure.»

Ne pas perdre espoir

Malgré les nombreux problèmes financiers qui touchaient le Centre naval, Agnès Doiron, maire de Bas-Caraquet, n’a jamais perdu espoir.

«Évidemment, on aurait préféré que ça (la relance) arrive avant, mais il reste que c’est bien de voir que ça fonctionne et que des gens travaillent, comme on le souhaitait dès le début. C’est bien parti et je ne veux plus que ça arrête.»