Le chenal de Le Goulet est dangereux, dénoncent des pêcheurs

Des pêcheurs des quais de Savoie Landing et de Le Goulet demandent au gouvernement fédéral d’entamer les travaux de dragage dans un chenal qui leur permet d’avoir accès au golfe du Saint-Laurent. Leur sécurité est en péril, affirment-ils.

Mercredi après-midi, une cinquantaine de pêcheurs et des membres d’équipage se sont rassemblés sur le quai de Savoie Landing, près de Shippagan, pour conscientiser l’Acadie Nouvelle à leur situation. L’accumulation de sable dans le chenal de Le Goulet, qui donne accès au golfe du Saint-Laurent, cause bien des maux de tête aux pêcheurs. Le chenal est étroit et peu profond.

Environ 70 bateaux empruntent le chenal pendant la saison de pêche de homard. Le corridor de passage près du quai de Le Goulet est étroit et il est difficile pour plus d’un bateau d’y passer à la fois, précisent plusieurs pêcheurs. Lorsque l’eau est houleuse, la navigation est encore plus périlleuse, disent-ils.

«Il n’y a pas assez d’eau. Le chenal est dangereux. Il faut qu’il soit creusé. C’est urgent. Ça doit faire une trentaine d’années que ça n’a pas été fait. C’est un problème de sécurité. Il faut que ça se fasse le plus rapidement possible», lance Zénon Chiasson, un pêcheur de Chiasson Office.

En 2015, le gouvernement de Stephen Harper a annoncé des investissements de 36,2 millions $ pour rénover 14 ports de pêche dans le nord-est du Nouveau-Brunswick. Le dragage du chenal de Le Goulet figurait parmi les priorités du fédéral.

L’entrée au bassin du quai de Le Goulet a été draguée ce printemps, explique Steve Hachey, porte-parole chez Pêches et Océans Canada. Une section détériorée du brise-lame est aussi en train d’être remplacée.

Le projet majeur du dragage – celui qui presse selon les pêcheurs – verra le jour en 2018 seulement.

«Ça l’air que l’argent est disponible, donc pourquoi ça tarde? On sait que le gouvernement n’est pas toujours vite en affaires, mais est-ce qu’ils attendent un désastre avant d’agir?», dit Norbert Robichaud, un pêcheur de Le Goulet.

Si rien n’est fait, plusieurs pêcheurs craignent qu’il se produise un accident sérieux. Les événements de mai 2013 restent gravés dans leur esprit. Trois pêcheurs avaient perdu la vie dans un naufrage au large de Tabusintac, près de Néguac. Leur bateau a chaviré après avoir heurté un banc de sable. Même avant cet accident, les pêcheurs de Tabusintac réclamaient le dragage du chenal local depuis plusieurs années.

«C’est urgent qu’ils creusent la sortie du chenal. Ce n’est pas assez large. Il y a trop de courant là-dedans. La navigation ne se fait presque plus. Est-ce qu’ils attendent que quelqu’un se noie? Qu’il ait des pertes de vie? On paie nos impôts comme tout le monde», ajoute Denis Haché, un pêcheur de Chiasson-Office.

Mario Chiasson, un autre pêcheur de la région, a également vécu une mésaventure récemment. Son bateau a subi une panne à quelques kilomètres du quai du chenal.

«Je ne pouvais plus naviguer. J’ai dû appeler la garde côtière. On ne voulait pas me rentrer là-dedans. J’ai été obligé de faire un détour jusqu’à Petit-Shippagan (à l’autre extrémité de l’île Lamèque). Ç’a pris 5 heures.»

Les pêcheurs comptent mettre de la pression sur le gouvernement fédéral pour que les travaux soient réalisés. Une pétition sera bientôt présentée à Serge Cormier, député d’Acadie-Bathurst. Selon Denis Haché, elle compte déjà quelque 250 signatures.