Bois d’oeuvre: un ex-ambassadeur américain défendra les intérêts du N.-B.

Un ancien ambassadeur des États-Unis au Canada devient l’envoyé spécial du Nouveau-Brunswick à Washington dans le conflit du bois d’oeuvre.

Fredericton a annoncé la nomination de David Wilkins, vendredi, dans un communiqué de presse.

M. Wilkins a été ambassadeur à Ottawa sous l’administration du président George W. Bush, de 2005 à 2009.

Il était notamment en poste lorsque le Canada et les États-Unis en sont arrivés à une entente lors du précédent conflit du bois d’oeuvre en 2006.

David Wilkins est associé au sein du cabinet d’avocats Nelson Mullins Riley & Scarborough à Washington.

Fredericton a arrêté son choix sur l’ancien ambassadeur devenu lobbyiste en raison de sa «crédibilité» et de son «expertise», a indiqué en entrevue le ministre provincial de la Politique d’expansion du commerce, Roger Melanson.

«Il nous fallait une personne avec une très bonne compréhension du contexte économique et politique aux États-Unis et de l’économie du Nouveau-Brunswick et du Canada», a-t-il dit.

M. Wilkins participera notamment aux activités de lobbying et de promotion des entreprises forestières du Nouveau-Brunswick aux États-Unis.

Il fournira également des conseils au gouvernement provincial sur les enjeux susceptibles d’avoir une incidence sur les intérêts du Nouveau-Brunswick.

Son rôle ne sera cependant pas limité au conflit du bois d’oeuvre, a précisé M. Melanson.

David Wilkins épaulera aussi la province dans ses efforts en matière d’investissements, d’échanges commerciaux et de développement économique en général avec les Américains.

Il ne participera toutefois pas directement aux négociations entre le Canada et les États-Unis pour mettre fin aux conflits. Cette responsabilité revient plutôt au gouvernement fédéral, a affirmé Roger Melanson.

Le département du Commerce américain a décidé le mois dernier d’imposer des droits compensateurs de 19,88% au bois d’oeuvre canadien vendu aux États-Unis.

L’Oncle Sam accuse le Canada de faire une concurrence déloyale aux producteurs de bois d’oeuvre américains en subventionnant son industrie domestique, ce que réfute le Canada.

Les tarifs pourraient avoir un effet dévastateur sur l’industrie forestière au Nouveau-Brunswick dont dépendent 22 000 travailleurs.

La plus importante entreprise forestière de la province, J.D. Irving, a cependant convaincu Washington de lui imposer une taxe réduite de 3,02%.

Les autres scieries du Nouveau-Brunswick doivent cependant payer le tarif canadien.

Roger Melanson n’a pas voulu préciser combien serait payé David Wilkins, indiquant seulement qu’il allait être «compensé selon la valeur du marché».

Le Nouveau-Brunswick n’est pas la première province canadienne à embaucher M. Wilkins et sa firme pour promouvoir ses intérêts auprès des décideurs américains.

Selon le Toronto Star, la Saskatchewan a versé 3 millions $ à Nelson Mullins entre 2009 et 2014.