Les Malécites réclament une compensation pour un territoire jamais cédé

La Première nation malécite du Madawaska réclame un dédommagement auprès du gouvernement fédéral pour l’utilisation d’un territoire jamais cédé officiellement à la Couronne.

Des audiences du Tribunal des revendications particulières du gouvernement du Canada se dérouleront, le 15 mai, à Edmundston.

Pour comprendre cette réclamation de la Première nation malécite du Madawaska, il faut faire un retour en arrière de 250 ans. Elle est basée sur des documents d’arpentage des frontières datant de la fin des années 1780 ou début des années 1790. Le territoire revendiqué comprend presque toute la Ville d’Edmundston et la réserve actuelle.

«Pour le bien de la communauté, nous attendons une résolution de notre réclamation en suspens dans les prochains mois», a dit la chef Patricia Bernard.

Elle a précisé que sa communauté ne souhaite pas récupérer le territoire en litige. Elle souhaite plutôt un dédommagement approprié. Le montant maximum pouvant être accordé par le Tribunal des revendications particulières du gouvernement du Canada a été fixé à 150 millions $.

«Le processus du tribunal des revendications particulières ne peut que résulter sur l’attribution d’une compensation monétaire du Canada aux demandeurs», a-t-elle poursuivi.

Cette audience du 15 mai visera à analyser la validité de la requête de la Première nation malécite du Madawaska. Les arguments légaux des requérants seront présentés lors d’une deuxième étape qui suivra dans quelques semaines. Elle permettra de déterminer si en fin de compte, une compensation est accordée ou non.

Les démarches pour obtenir cette compensation ont débuté en 1996. La revendication originale a été déposée deux ans plus tard. Cette première demande a été rejetée par le ministère des Affaires indiennes en 2009, soit un peu plus de 10 ans après le dépôt de la requête initiale.

Entre-temps, Ottawa a créé le tribunal des revendications particulières en octobre 2008. Des juges indépendants y ont été nommés trois ans plus tard.

La Première nation malécite du Madawaska a soumis une deuxième revendication en 2012.

«C’est loin d’être le processus parfait. Notre communauté a soumis sa deuxième revendication en 2012 et nous entamons enfin les audiences. Mais en comparaison avec les 100 dernières années où nos demandes sont restées sans réponse, nous avons confiance que cela nous donnera l’occasion d’aller de l’avant, et d’avancer», a ajouté la chef Bernard.

Pour elle, un règlement est la prochaine étape logique.

«Je suis peut-être trop optimiste de dire que nous sommes sur le point de régler cette question puisque ce processus a été mené sous différentes formes depuis des centaines d’années déjà. Mais je préfère croire que nous sommes dans l’étape d’un règlement», a laissé entendre la chef Bernard.

Si jamais le dossier résulte sur une compensation, la Première nation malécite du Madawaska entend utiliser la somme reçue pour continuer ses démarches vers l’autonomie administrative. Rappelons qu’elle a connu un développement intéressant au cours des dernières années avec l’inauguration de son Grey Rock Power Centre.