Chasse à l’as de Lamèque: le magot reste intact

Le 7 de trèfle ne fait plus partie du paquet de la Chasse à l’as de Lamèque. La carte a été pigée mercredi matin, lors du tirage hebdomadaire. Rita et Gary McIntyre, les gagnants de la semaine, auraient préféré révéler l’as de cœur. Le couple de Baie-Sainte-Anne n’a pas remporté le gros lot qui dépasse désormais les 2 millions$.

Avant le moment fatidique, Rita et Gary McIntyre affichaient des sourires de circonstance, mais le stress se lisait sur leur visage aux traits tirés.

«C’est Gary qui va piger, confiait alors celle qui est fonctionnaire pour le gouvernement fédéral. J’aime mieux blâmer qu’être blâmée.»

Lorsque le travailleur du bois a retourné la carte, après avoir hésité quelques secondes, la pression est redescendue.

«Je suis satisfait, c’est fini» avouait-il.

«Oui, je suis un peu déçue, mais on ne repart pas les mains vides», ajoutait sa compagne.

Conformément au règlement de cette chasse à l’as, ils ont reçu un chèque équivalant à 20% des ventes de la semaine, soit un peu plus de 145 000$.

Au cours des huit derniers jours, les gens se sont pressés au presbytère de Lamèque pour se procurer un ou plusieurs billets. Au total, ils ont dépensé 728 187$, une somme jusqu’alors jamais atteinte.

Rentrés chez eux plus riches qu’ils ne l’étaient le matin, Rita et Gary McIntyre ont l’intention de continuer à tenter leur chance. Ils ne sont pourtant pas des férus de la première heure.

«Ça ne fait que deux ou trois tirages qu’on joue. C’est à force d’en entendre parler autour de nous et en voyant le montant mis en jeu qu’on a décidé de s’y mettre», indique l’employée d’Ottawa.

Avec leur pactole, les McIntyre ont l’intention de payer leurs factures et de rembourser leurs dettes.

«On va aussi mettre de l’argent de côté pour les études de nos garçons. Ils ont 15 et 16 ans. Le plus grand était tout excité. Il aimerait avoir un char, mais ça ne sera pas pour tout de suite», précise la mère de famille.

Son conjoint rêvait de se payer une voiture de sport rutilante. Lui aussi devra patienter.

Les tirages de la Chasse à l’as sont suivis avec attention, les mercredis. Et pas seulement par les proches des gagnants. Les joueurs veulent savoir s’ils peuvent encore espérer devenir millionnaires.

Parce que l’as de cœur n’a pas été trouvé, la loterie continue. Les ventes de billets ont repris mercredi après-midi. Elles attirent aussi bien les inconditionnels que les curieux.

«J’ai commencé à jouer après la crise du verglas. Je ne prends que trois billets pour 5$. C’est ma sœur et sa fille, à Bathurst, qui sont passionnées par ça. Je trouve ça incroyable», racontait Mathieu Duguay, de Lamèque, au moment d’accomplir sa routine hebdomadaire.

À noter qu’en ce long week-end de la fête de la Reine, le presbytère de la ville sera fermé au public. Il sera néanmoins possible d’y acheter des billets, en journée jusqu’à 16h.