Le Parti progressiste-conservateur accusé d’avoir manipulé ses propres règles

Un citoyen demande au tribunal d’obliger le Parti progressiste-conservateur à le laisser concourir lors du congrès à l’investiture du parti dans sa circonscription en prévision des prochaines élections.

Chris Duffie accuse la formation politique d’avoir manipulé ses propres règles afin de l’empêcher de tenter sa chance de porter les couleurs du Parti progressiste-conservateur (PPC) dans Carleton-York  en septembre 2018.

Selon lui, le parti aurait organisé le congrès à l’investiture de façon expéditive pour que seul le député sortant, Carl Urquhart, ait le temps de s’inscrire avant la fin de la période de mise en candidature.

Le congrès d’investiture doit avoir lieu vendredi soir, à Canterbury, une communauté située à 25 km au sud de Woodstock.

L’avocat de M. Duffie a déposé une demande d’injonction en Cour du banc de la Reine, à Fredericton, mardi, afin d’obliger le PPC à recommencer le processus d’investiture.

«En raison des actes illégaux et de la mauvaise foi du (parti), on empêche (M. Duffie) d’exercer son droit de participer au processus démocratique», peut-on lire dans la demande.

Les allégations de Chris Duffie n’ont pas été prouvées en cour. L’affaire doit être entendue au palais de justice de Fredericton, jeudi.

Le directeur général du Parti progressiste-conservateur, Donald Moore, n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

M. Duffie n’est pas un inconnu chez les conservateurs du comté de Carleton. L’homme d’affaires de 48 ans s’est joint au parti en 2009 et a brigué la nomination dans Fredericton-Fort-Nashwaaks l’année suivante, mais sans succès. Il a par la suite travaillé pour le PPC et pour plusieurs députés, dont Carl Urquhart.

Dans son affidavit, Chris Duffie affirme que son intention de briguer l’investiture dans Carleton-York, qui était apparemment bien connue des membres du PPC, ne faisait pas l’affaire de tous.

Plusieurs responsables du PPC auraient tenté de le convaincre de changer d’avis, dont le chef des conservateurs, Blaine Higgs, et son chef de cabinet, Dominic Cardy.

Les deux hommes auraient été jusqu’à offrir à M. Duffie un poste de conseiller au sein du parti en échange de son désistement, ce qu’il a refusé de faire.

«M. Higgs et M. Cardy n’étaient pas contents de ma décision», résume-t-il dans le document.

C’est par la suite que le PPC aurait organisé le congrès à l’investiture dans Carleton-York sans respecter toutes les règles en matière d’avis public et de communications afin que M. Duffie n’ait pas le temps de présenter sa candidature dans les délais prévus.

Un courriel de nature générale envoyé à tous les membres afin de les informer que le PPC allait bientôt organiser des congrès à l’investiture et une publicité dans le cahier Lifestyle du journal local ne sont pas des avis suffisants, selon M. Duffie.

«En fait, les directeurs de l’association (conservatrice de la circonscription) n’étaient pas au courant de la tenue du congrès de nomination avant la fin de la période de mise en candidature», affirme l’avocat de M. Duffie, Kevin C. Toner, dans son avis de motion.

«J’ai peur que la façon dont le parti a géré cette affaire cause des divisions et des dissensions dans ses rangs en plus de le ridiculiser en public», affirme Chris Duffie dans son affidavit.

Carl Urquhart est le whip de l’opposition officielle. Il a été élu pour la première à l’Assemblée législative en 2006. Il a été réélu en 2014 avec 46,5% des suffrages.

M. Urquhart et M. Higgs n’ont pas souhaité commenter cette affaire.

Les élections provinciales sont prévues en septembre 2018.