Un juge suspend le congrès d’investiture de Carleton-York

Une juge de la Cour du banc de la Reine a ordonné au Parti progressiste-conservateur de suspendre la tenue de son congrès à l’investiture dans Carleton-York.

La juge Judy Clendening a émis ce jugement intérimaire, jeudi, afin de donner à toutes les parties l’occasion de présenter adéquatement leur point de vue dans l’affaire Chris Duffie.

Le congrès d’investiture devait avoir lieu vendredi soir à Canterbury, une petite communauté située au sud de Woodstock.

M. Duffie est un membre du Parti progressiste-conservateur qui souhaite représenter le parti dans Carleton-York lors des élections provinciales.

Il accuse le parti d’avoir manipulé ses propres règles pour l’empêcher de participer au congrès à l’investiture afin de favoriser le député sortant.

Chris Duffie demande au tribunal d’obliger le parti à recommencer le processus d’investiture à partir du début afin de lui donner la chance de déposer sa candidature.

La juge Clendening a précisé que son jugement intérimaire rendu à l’oral ne signifie en rien qu’elle entend trancher en faveur de Chris Duffie.

La magistrate a entendu les arguments des deux parties, jeudi, au Palais de justice de Fredericton, même si l’avocat du Parti progressiste-conservateur, Kelly Lamrock, avait eu moins de 24 heures pour préparer sa plaidoirie.

Selon l’avocat de M. Duffie, Kevin C. Toner, le parti a enfreint sa constitution en ne faisant pas suffisamment d’efforts pour informer ses membres au sujet de la période de mise en candidature en vue du congrès à l’investiture.

«Les directeurs de l’association (conservatrice de la circonscription) n’étaient pas au courant de la tenue du congrès de nomination avant la fin de la période de mise en candidature», a indiqué Me Toner dans son avis de motion.

La période de mise en candidature d’une durée de 24 heures seulement a été annoncée dans la section Lifestyle du journal local.

Selon Me Toner, cette façon de procéder va à l’encontre de la tradition et de la constitution du parti qui demande aux responsables de l’Association de circonscription de faire «tous les efforts possibles pour aviser directement chaque membre de son association de la tenue du congrès de mise en candidature».

Seul le député sortant, Carl Urquhart, a déposé ses papiers de candidature au quartier général du parti à temps pour participer au congrès d’investiture.

Me Lamrock a argumenté devant la cour que le Parti progressiste-conservateur avait le droit d’interpréter ses propres règlements comme il l’entend.

«La justice ne peut probablement pas substituer son jugement à celui de l’exécutif du parti sans avoir une très bonne raison.»

À son avis, il n’est pas question dans cette affaire d’un «préjudice irréparable» à l’endroit de Chris Duffie qui pourrait justifier l’intervention du tribunal puisque rien ne l’empêche de se présenter aux élections à titre d’indépendant ou de candidat pour un autre parti.

«Se présenter pour un parti en particulier, ce n’est pas un droit», a indiqué M. Lamrock.

S’il finit par obtenir gain de cause dans cette affaire, M. Duffie croit toujours en ses chances de remporter l’investiture du parti, même s’il affirme que le chef conservateur, Blaine Higgs, lui a clairement indiqué qu’il ne voulait pas de lui.

«Je travaille très fort (pour remporter cette cause) et je vais travailler aussi fort pour représenter les gens de ma circonscription», a-t-il dit à sa sortie du Palais de justice.

La juge Clendening a donné aux parties jusqu’au 24 mai pour déposer l’ensemble de leurs arguments devant le tribunal.
L’affaire sera entendue à nouveau le 29 mai.