Alcool au volant: témoignages déchirants en cour à Moncton

 

Melissa Amanda Lane était de passage en Cour provinciale, vendredi à Moncton, pour assister à la lecture des déclarations d’impact. Cette femme âgée de 35 ans, qui a plaidé coupable de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort de Raymond Keays en novembre dernier, recevra sa sentence le 5 juin.

La famille de l’homme âgé de 66 ans de Moncton a vécu des émotions fortes, vendredi, en Cour provinciale.

Les filles et une petite-fille de la victime ont décrit l’état de choc vécu pendant la nuit du 11 novembre dernier, quand on leur a annoncé que leur proche était décédé.

Elles ont exprimé leur regret de ne pas avoir eu l’occasion de lui donner un dernier adieu et ont décrit les impacts que ce décès continue d’avoir sur leur vie sociale et sur leur santé mentale.

Elles ont souligné que leur mère ne pourra pas vieillir avec son époux, à qui elle a été mariée pendant 35 ans, que leurs enfants ne connaîtront jamais leur grand-père et que la plus jeune soeur ne sera pas accompagnée de son père à son mariage.

«Demain est l’anniversaire de ma fille. Elle va avoir un an. C’est sa première fête, et mon père ne sera pas là. Elle ne le connaîtra pas. J’ai deux jeunes enfants qui ne connaîtront jamais leur grand-père. Ils ne connaîtront jamais son sens de l’humour. Ils ne sauront jamais à quel point il était un bon homme», a affirmé Crystal Melara.

À la sortie de la cour, la soeur de Mme Melara, Amanda Whynot, a affirmé qu’elle ne pourra probablement jamais pardonner à la femme âgée de 35 ans qui a causé le décès de son père.

«Il faut que les lois changent. Je ne sais pas combien d’autres vies doivent être prises avant que les choses changent. Deux à quatre ans (d’emprisonnement), ce n’est pas assez pour prendre une vie. Tu avais le choix, ce matin-là, de prendre la roue. Tu as choisi de tourner la clé, et ce camion est devenu une arme de meurtre. Je crois que tu es une meurtrière. Je crois que c’est ça que c’était: un meurtre.»

La tragédie est survenue au petit matin du 11 novembre 2016, à l’intersection de l’avenue Morton et du chemin McLaughlin, à Moncton. Le décès de M. Keays a été constaté sur les lieux.

Le procureur de la Couronne, Anthony Allman, a recommandé une sentence de trois à quatre ans d’emprisonnement, moins le temps déjà passé derrière les barreaux.

L’avocate de Mme Lane, Bernadette Richard-Crase, a plutôt recommandé deux ans plus un jour d’incarcération à partir du moment de la sentence, en plus de deux à trois ans d’interdiction de conduire.

Melissa Amanda Lane a comparu en Cour provinciale, vendredi à Moncton. On voit ici la scène de l’accident qui a coûté la vie à Raymond Keays en novembre 2016. – Acadie Nouvelle : Wade Perry

Les remords de Melissa Lane

Melissa Amanda Lane a fondu en larmes à de nombreuses reprises lors de la lecture des déclarations.

Juste avant la fin de l’audience, le juge Troy Sweet lui a offert de prendre la parole. Elle a exprimé ses remords par rapport à son action, un geste qu’elle a décrit comme étant hors caractère.

«Les mots ne peuvent pas exprimer à quel point je suis désolée. La douleur et le regret que je ressens vont demeurer dans mon coeur pour le reste de ma vie.»

Mme Lane espère que la famille arrivera à lui pardonner un jour, mais elle comprend qu’elle est perçue comme une meurtrière.

Elle a l’intention de partager son histoire avec les jeunes adultes afin de les encourager à chercher de l’aide quand ils font face à des problèmes de santé mentale.

«Je suis une femme qui a de l’amour et de la compassion, mais j’étais malade et je ne recevais pas l’aide dont j’avais besoin. Je vivais dans le déni et je pratiquais l’automédication avec l’alcool», a-t-elle affirmé, ajoutant qu’elle ne souhaite pas excuser ses actions, mais qu’elle veut lancer un avertissement aux jeunes dans une situation semblable à la sienne.

Le conjoint de fait de Mme Lane, James McMackin, était dans le siège du passager au moment de l’accident. Il a subi de graves blessures. – JMD