Des pêcheurs ont vécu «35 secondes d’enfer»

Joey LeBouthillier pêche le crabe depuis une trentaine d’années. Des tempêtes, il en a vu plusieurs, mais rarement une comme celle de jeudi soir. Le pêcheur de Caraquet et ses collègues se trouvaient au large, dans le golfe du Saint-Laurent, au moment des perturbations.

«On est allé prendre notre souper. Après, il nous restait environ 40 trappes à sortir de l’eau. On voyait les éclairs dans le ciel, mais ils n’avaient pas l’air normaux. À un moment donné, j’ai dit qu’il était pour arriver quelque chose, c’est certain. Quand on est sorti sur le pont du bateau, le vent s’est levé. L’air était chaud. Quand ç’a fessé, c’était comme une tornade.»

«Il y a eu des vagues, des éclairs, du tonnerre, un déluge de pluie.»

Le pire de la tempête a duré à peine une minute, dit Joey LeBouthiller, mais l’équipage a dû ensuite endurer de piètres conditions météorologiques lors du voyage de retour à Caraquet, un périple d’environ 10 heures.

«Le pire a duré 30 à 35 secondes, mais c’était 30 à 35 secondes d’enfer. J’ai eu peur pour ma vie. J’ai eu peur pour les gars.»

Le choc de sa vie

Mario Henry, employé de Northeast Tree Trimming, dans le parc industriel de Caraquet, a eu le choc de sa vie jeudi soir alors qu’il terminait un projet personnel après les heures de travail dans un garage de l’entreprise. Il réparait un foyer en métal qu’il utilise pour le camping.

Gino LeBlanc (à gauche) et Mario Henry (à droite) réexaminent des images captées par des caméras de surveillance. Jeudi soir, Mario Henry a été foudroyé par une décharge électrique. –
Acadie Nouvelle: David Caron

Vers 20h27, il a été foudroyé par une décharge électrique, raconte son employeur, Gino LeBlanc. L’incident a été capté par les caméras de surveillance. Mario Henry ne se souvient plus vraiment de ce qui s’est passé pendant les huit minutes suivantes.

«Il ne savait plus trop ce qui venait de se passer. Il m’a dit qu’il avait les bras engourdis. Les doigts, les jambes, les pieds, les orteils aussi. Quand il m’a appelé, ça m’a pris peut-être deux minutes avant que j’arrive», dit Gino LeBlanc.

L’entrepreneur ne comprend pas trop comment l’incident s’est produit. Mario Henry travaillait dans un environnement sec et fermé, sur un plancher de ciment. Il portait aussi des bottes et des gants conçus pour être résistants aux décharges électriques.

Mario Henry a été transporté à l’hôpital jeudi soir vers 22h30. Il a reçu son congé le lendemain vers midi. Il se compte chanceux, malgré la douleur.

«Ça s’améliore. Je vais pouvoir prendre le dessus. À l’hôpital, ils m’ont dit que ça prendrait deux mois pour que le mal s’en aille», dit Mario Henry.