Pêches: plus de stabilité pour les homardiers, saison de rêve pour les crabiers

Après un début de saison médiocre, l’industrie du homard du Nord-Est retrouve la stabilité. Les débarquements s’améliorent grâce à de bonnes conditions météorologiques, alors que les prix demeurent élevés.

Les deux premières semaines de pêche au homard ont laissé à désirer dans la zone de pêche 23, qui s’étend de Dalhousie à Pointe-Sapin.

Des conditions météorologiques difficiles ont mis des bâtons dans les roues de pêcheurs de plusieurs communautés. Des vents forts et des tempêtes ont forcé certains à manquer jusqu’à 5 jours de pêche.

De plus, de nombreux quais ont traversé une période d’instabilité au niveau des prix. De faibles débarquements, jumelés à une demande élevée entourant la fête des Mères, ont provoqué une forte concurrence entre les acheteurs.

L’industrie a enfin trouvé un équilibre cette semaine. Une augmentation du crustacé disponible pour la vente, grâce à une hausse de la température de l’eau, a vraisemblablement stabilisé le marché.

«En fin de semaine passée, (les ventes sur les quais) étaient un peu en dent de scie. Mais depuis lundi, tout ce que j’entends est que les choses sont revenues à la normale partout», explique Emmanuel Moyen, de l’Union des pêcheurs des Maritimes.

«Le prix est à 7$ à 7,50$ la livre. Il y en a qui ont un peu moins, et il va y avoir des ajustements. Mais en gros, c’est pas mal ça les prix.»

Si les débarquements sont repartis à la hausse cette semaine, on ne parle toujours pas de niveaux records, selon M. Moyen.

«Il y a quand même eu du vent cette semaine. Le premier jour du beau temps, c’est aujourd’hui (jeudi). Hier, il y avait énormément de courant dans la baie des Chaleurs. Il y a même des pêcheurs dans le bout de Grande-Anse qui ont abandonné: les bouées étaient sous l’eau à force qu’il y avait du courant.»

M. Moyen souligne que les belles années que vivent les pêcheurs de homard sont attribuables à d’importants travaux de conservation et de développement. Ils comprennent entre autres des augmentations de la taille minimale, l’installation de récifs artificiels et la sensibilisation entourant les meilleures pratiques de manutention.

Il conseille aux pêcheurs de rester vigilants, puisqu’un revirement de situation est toujours possible.

«On n’a pas à avoir honte de dire qu’on est dans une situation positive. Ça marche toujours de façon cyclique. Les situations plus difficiles vont revenir.»

La pêche au homard, lancée le 1er mai, se poursuit jusqu’au 1er juillet. Les prix au début de la saison 2017 sont élevés par rapport aux dernières années, quand ils avaient été établis à 5,50$ (2016), 4,75$ (2015) et 4,00$ la livre (2014).

Une saison de rêve pour les crabiers 

La saison de rêve des pêcheurs de crabe des neiges acadiens se poursuit dans le golfe du Saint-Laurent. Les crabiers ramènent au quai des débarquements de 25 000 à 30 000 livres, prises vendues à 5$ la livre.

Trois semaines se sont écoulées dans la saison de pêche de crabe des neiges. Avec six à sept sorties de pêche effectuées par bateau, les crabiers continuent de tourner à plein régime.

Joël Gionet, pêcheur et président de l’Association des crabiers acadiens, était chez lui mercredi matin pour une courte pause entre deux sorties au large. L’homme de Caraquet décrit des conditions idéales.

«La situation actuelle est parfaite. Le contingent est élevé et les prix sont bons, donc c’est bon pour les pêcheurs, c’est sûr. À la grandeur du golfe, les prises sont excellentes. Je dirais que c’est même plus qu’excellent. C’est sûr qu’il y a certains secteurs que c’est moins productif qu’ailleurs. Mais en général, c’est bon pour tout le monde.»

En raison d’une double mue, en 2015, la biomasse commerciale du crabe des neiges a grimpé en flèche. Peu avant le lancement de la pêche, le ministère des Pêches et des Océans a annoncé un total admissible des captures presque deux fois plus élevé que l’an dernier.

La hausse du quota dans le golfe du Saint-Laurent a lieu alors que la plupart des autres grandes zones de pêche internationales connaissent des années creuses. Ainsi, le prix du crustacé a atteint 5$ la livre, après avoir été sous 3$, en moyenne, au cours des quatre années précédentes.