Vents violents: «On a dormi dans la voiture.» [VIDÉO]

Le réveil a été difficile dans la Péninsule acadienne au lendemain d’un violent orage qui a créé d’importants dégâts, notamment dans la région de Lamèque.

Le pont reliant Shippagan à l’île Lamèque était fermé à la circulation vendredi matin. Plusieurs poteaux d’électricité sont tombés sur la route. Des employés d’Énergie NB étaient déjà sur place, mais des milliers de foyers de la région étaient toujours sans électricité.

De nombreuses personnes ont été contraintes de le traverser à pied, tout en évitant les fils électriques qui étaient tombés sur le chemin.

Tommy Dugas, de Petite-Lamèque, s’est rendu jusqu’à Savoie Landing en voiture avant de faire le périple à pied jusqu’à Shippagan.

L’homme est responsable de la coordonner la collation des grades qui a lieu vendredi après-midi. Une voiture l’attendait de l’autre côté pour le transporter jusqu’au campus de Shippagan de l’Université de Moncton.

«La tempête était assez intense. Ç’a commencé vers 19h et ç’a continué jusqu’à 23h.»

Bernard Noël, de Haut-Lamèque, se trouvait à Shippagan au moment de la tempête. Il a dû passer la nuit dans sa voiture avec son fils.

«On a dormi dans la voiture. Ce n’était pas très confortable, mais on s’y est fait.»

Monica Perry traversait également le pont à pied pour retourner chez elle à Lamèque. La veille, elle s’est rendue à son travail à Shippagan. Elle a pu dormir chez ses grands-parents à Shippagan.

L’Acadie Nouvelle a également croisé trois employées des Pêcheries Belle-Île, à Sainte-Marie-Saint-Raphaël, sur l’île Lamèque. Leur quart de travail s’est terminé brusquement vers 20h lorsqu’une panne de courant a frappé l’usine de transformation de fruits de mer.

«On a été obligé d’arrêter», raconte l’une d’elles. Elles ont toutes pu dormir chez de la famille ou des connaissances.

«Là, on veut retourner chez nous pour prendre une douche. Je n’ai pas l’impression qu’on doit sentir très bon.»

Dégâts chez Rossy

La tempête a aussi été violente dans la région de Caraquet. Le magasin Rossy, au centre-ville, a été frappé de plein fouet. Une partie du toit s’est envolée dans le vent.

Lucie Foulem et Jacqueline Lanteigne travaillaient au moment où la tempête a éclaté vers 20h10. Une autre collègue et dix clients se trouvaient également à l’intérieur du commerce.

Vendredi matin, les deux femmes sont retournées sur les lieux pour donner un coup de main aux efforts de ménage. Les événements du 19 mai resteront gravés dans la mémoire de tous pendant longtemps.

Le magasin Rossy a été endommagé pas la violente tempête qui a frappé la Péninsule acadienne jeudi soir. Acadie Nouvelle : David Caron.

«J’étais en arrière dans l’entrepôt parce que nous venions de recevoir une livraison. J’étais en train de faire des vérifications. Il y avait comme un son assourdissant. Je me suis demandé “Qu’est-ce qui se passe? Est-ce qu’il y a quelque chose qui tombe sur le toit?” Je me suis dit que je vais sortir d’ici, j’avais peur que le toit tombe», raconte Lucie Foulem.

Une fois de retour dans le magasin, elle est allée voir sa collègue Jacqueline Lanteigne. «Elle a vu la tempête. Il faisait très noir. Il y avait un tourbillon de tuiles qui s’envolaient.»

Les deux femmes ont décidé de mettre les gens en sécurité. Les treize personnes dans le magasin se sont toutes mis à l’abri dans le sous-sol pendant une dizaine de minutes. Une fois que le pire de la turbulence passé, tout le monde a quitté l’édifice, sain et sauf.

«On n’était pas vraiment préparées pour ça, mais on l’a fait par instinct.»