Nouvelle-Écosse: un deuxième gouvernement libéral majoritaire

Après une longue soirée électorale, les libéraux en Nouvelle-Écosse ont été réélus avec une seconde majorité, mardi. C’est la première fois qu’un parti gagne deux mandats majoritaires consécutifs en Nouvelle-Écosse depuis 1988.

« Nous avons vu ce soir pourquoi tous les votes comptent », a lancé le premier ministre Stephen McNeil un peu après minuit.

Près de six heures après la fermeture des bureaux de vote, les libéraux ont remporté 27 sièges, un nombre suffisant pour une majorité absolue au sein de l’Assemblée législative qui compte 51 sièges.

Les progressistes-conservateurs étaient élus dans 17 circonscriptions. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) comptait 7 candidats élus.

Les libéraux ont perdu 7 sièges, incluant ceux détenus par les ministres Joanne Bernard et Michel Samson.

Le président du Parti libéral, John Gillis, a déclaré que les électeurs avaient envoyé un message clair aux libéraux quant à l’état du système de santé dans la province.

Les libéraux détenaient une avance confortable au début de la campagne, mais l’écart s’est resserré légèrement en faveur des progressistes-conservateurs, dirigés par Jamie Baillie, qui a dénoncé sans arrêt le manque de médecins, les fermetures de salles d’urgence et le manque de ressources en santé mentale.

« Je veux vous assurer que je vous ai entendu et que j’ai écouté », a déclaré Stephen McNeil.

Le chef libéral s’est engagé à recruter plus de médecins et à réduire les temps d’attente pour les remplacements de hanche et de genoux, particulièrement au Cape Breton où au moins trois libéraux ont perdu.

Dans son discours, le chef progressiste-conservateur a dit que le budget des libéraux – déposé le mois dernier, mais pas encore adopté – devrait prévoir plus d’investissements dans le système de la santé et des ressources en santé mentale.

Dans un discours devant ses partisans, le chef du NPD, Gary Burrill, était d’accord pour dire que l’enjeu principal sera la santé.

« Un gouvernement compétent va reconnaître qu’il y a une crise en santé et répondra de manière adéquate comme le fait un gouvernement », a déclaré M. Burrill à Halifax.

À la dissolution de la législature, le 30 avril, les libéraux détenaient 34 sièges, les conservateurs 10 et les néo-démocrates cinq; on comptait un indépendant et un siège vacant.

Les libéraux avaient été élus en 2013 après 15 ans dans l’opposition et un tout premier gouvernement néo-démocrate dans cette province.

Pour cette campagne, le premier ministre McNeil avait souligné l’amélioration des perspectives économiques de la province, rappelant que son gouvernement avait présenté deux budgets équilibrés. Le gouvernement libéral a serré les cordons de la bourse, ce qui lui a permis au printemps de baisser quelque peu les impôts des contribuables moins nantis et de la classe moyenne.

Cependant, cette approche a provoqué des querelles avec les professionnels de la santé et les enseignants de l’école publique. Il y a eu plusieurs manifestations, deux grèves de courte durée, et une loi spéciale que les syndicats ont qualifiée de draconienne.

Les progressistes-conservateurs misaient sur une prévision de croissance économique « optimiste », promettant des dépenses massives sans renouer avec les déficits.

Les néo-démocrates, de leur côté, promettaient de nouvelles dépenses, mais au détriment du déficit zéro. Le chef néo-démocrate, Gary Burrill, disait avoir été inspiré par les libéraux de Justin Trudeau qui avaient fait une promesse similaire en 2015.

M. McNeil a été réélu dans la circonscription d’Annapolis, tout comme le chef du Parti progressiste-conservateur, Jamie Baillie, dans Cumberland South. Le chef du NPD, Gary Burrill, l’a emporté dans Halifax Chebucto, la circonscription choisie après sa victoire à la course à la direction l’an dernier.