L’un des auteurs présumés de l’attaque meurtrière à Londres était un islamiste radical connu ayant été filmé déployant un drapeau noir s’apparentant à celui utilisé par Daech (le groupe armé État islamique). Il a aussi suscité les soupçons d’un voisin après avoir supposément tenté d’attirer des jeunes de l’endroit à joindre sa campagne jihadiste.

Lundi, la police britannique l’a identifié comme étant Khuram Shazad Butt. Il était apparu dans un documentaire, The Jihadis Next Door, diffusé à la télévision britannique l’an dernier.

La police britannique a fait des perquisitions lundi dans deux maisons et arrêté «plusieurs personnes» dans le cadre de l’enquête sur l’attentat terroriste qui a fait sept morts, dont une Canadienne, et des dizaines de blessés samedi soir.

Certains blessés demeuraient hospitalisés dans un état critique.

Deux des assaillants ont été identifiés lundi comme étant Khuram Shazad Butt et Rachid Redouane.

Khuram Shazad Butt était un citoyen britannique âgé de 27 ans né au Pakistan. Rachid Redouane se disait aussi bien Libyen que Marocain, et son âge n’est pas connu puisqu’il a fourni deux dates de naissance. Tous deux provenaient du quartier de Barking, dans l’est de Londres, où la police a procédé à plusieurs perquisitions après l’attentat.

Khuram Shazad Butt était connu des policiers pour des raisons qui n’ont pas été précisées, mais rien ne permettait apparemment de croire qu’il s’apprêtait à frapper. Les forces de l’ordre n’avaient jamais entendu parler de Rachid Redouane.

Trois hommes à bord d’une camionnette ont tout d’abord foncé sur les piétons sur le célèbre Pont de Londres. Ils ont ensuite attaqué au couteau des passants dans les environs du Borough Market. L’attaque a été revendiquée par Daech (le groupe armé État islamique).

Les trois hommes, qui portaient de fausses vestes explosives, ont été tués par balles par la police moins de dix minutes après la réception du premier appel d’urgence.

Au moins 12 personnes avaient été arrêtées dimanche, soit cinq hommes et sept femmes âgés de 19 à 60 ans. Elles ont toutes été relâchées, lundi, sans accusation.

La commissaire de la Police métropolitaine, Cressida Dick, a prévenu qu’elle ne fournira pas plus de détails dans cette enquête qui, selon elle, évolue rapidement. Elle n’a pas voulu dire si les auteurs de la tuerie étaient connus des policiers.

Daech a revendiqué la responsabilité de trois attaques perpétrées au Royaume-Uni depuis mars, et Mme Dick a décrit «une vague de violence sans précédent dans ma vie professionnelle».

La première ministre Theresa May a prévenu que des attaques inspirées par celle de samedi soir sont possibles. Elle a dit être pour la tactique de «tirer pour tuer» utilisée par les policiers, estimant que cela a permis de sauver plusieurs vies.

Les principaux partis politiques du pays ont de nouveau suspendu leur campagne, à quelques jours seulement de l’élection générale de jeudi. Mme May a promis que le scrutin ira de l’avant comme prévu «puisqu’on ne peut pas permettre à la violence d’interférer avec le processus démocratique».

Le métro de Londres a rouvert lundi dans le quartier où l’attaque a été perpétrée, permettant à la vie normale de reprendre son cours après une paralysie de plus de 24 heures.

Le troisième participant était sur une liste de surveillance

Le troisième participant à l’attentat de Londres est un homme de 22 ans dont la police n’avait jamais entendu parler.

Youssef Zaghba serait un Italien d’origine marocaine, ont révélé mardi les autorités.

Il serait originaire de l’est de Londres et sa famille a été informée, selon la police. Zaghba n’avait jamais retenu l’attention des forces de l’ordre ou des services du renseignement.

Le quotidien italien Corriere della Sera rapporte toutefois mardi que Zaghba a été intercepté en 2016, à l’aéroport de Bologne, alors qu’il tentait de se rendre en Syrie. Les autorités italiennes l’auraient alors placé sur une liste de surveillance et elles auraient signalé sa présence aux autorités marocaines et britanniques.

Un responsable britannique a confirmé, sous le couvert de l’anonymat, cette version des faits, tout en précisant que les forces de l’ordre n’avaient aucune raison de croire que Zaghba puisse être violent ou dangereux.

Des centaines de milliers de Britanniques ont observé mardi à 11h, heure locale, un moment de silence à la mémoire des victimes de l’attentat. Des dizaines de personnes ont notamment fait fi d’une pluie diluvienne pour se rassembler au bout du pont de Londres, où une montagne de fleurs s’accumule à côté du cordon policier.

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