Décimée par une «tempête parfaite», la SNA se relève [vidéos]

La Société Nationale de l’Acadie se relève après avoir été décimée par de nombreux départs. Sa nouvelle directrice générale, Véronique Mallet, gère la reconstruction. L’Acadie Nouvelle l’a rencontrée.

La dernière année a été éprouvante pour la SNA, la fédération qui regroupe les organismes porte-parole acadiens et les organismes jeunesse des provinces de l’Atlantique.

En juin 2016, elle s’est départie de deux employées, faute de moyens. En novembre, son président René Cormier a démissionné quelques jours après avoir été nommé sénateur.

Puis, au début décembre, l’organisme déjà fragilisé a perdu un autre morceau lorsque son directeur général a démissionné. L’ex-journaliste Janic Godin était en poste depuis moins de deux ans.

Aujourd’hui, la SNA reprend son souffle. Sa seule employée permanente et à temps plein, Véronique Mallet – qui était auparavant directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, à Ottawa –  est à l’oeuvre depuis le 1er mai.

En entrevue, au siège social du centre-ville de Moncton, elle explique qu’elle ne chôme pas depuis les nombreux départs, à la fois chez les élus et au sein de l’équipe de direction. Une transition qu’elle qualifie de «tempête parfaite».

«Depuis mon arrivée, il y a beaucoup de choses qui se brassent. La SNA a connu une année de transition. Une année lors de laquelle il y a eu des moments pas faciles, on l’admet.»

Repartir à zéro

Véronique Mallet a aujourd’hui une lourde tâche à accomplir, soit celle de piloter la reconstruction de la SNA. Le défi est de taille, mais il lui offre tout de même une occasion dont rêvent bien des gestionnaires: l’occasion de construire une équipe de A à Z.

Au lieu d’afficher les anciens postes (directeur adjoint, directeur des communications, chargé des projets jeunesse, etc.) et de tenter de les combler, elle s’y est prise autrement. Elle a  lancé un appel général afin de voir qui souhaite travailler avec l’organisme.

«Moi, je cherche des gens qui sont multitalentueux. Je cherche vraiment des champions qui vont m’aider à reconstruire cet organisme-là. Donc des gens qui ont envie de mettre la main à la pâte, qui ont envie de bosser dur, mais qui ont envie de travailler en équipe.»

Les personnes intéressées de se joindre à l’équipe de la SNA ont jusqu’au 9 juin pour envoyer leur CV et leur lettre de motivation à Véronique Mallet. Elle verra par la suite comment elle peut combler ses besoins.

«Ce que j’ai envie de faire, c’est de voir quels sont les profils qui s’offrent à moi. Ensuite, je m’attends à ce que les morceaux tombent ensemble, comme un casse-tête, pour voir qui va former une équipe forte et solide pour nous aider à passer à la prochaine étape.»

Les embauches devraient se faire d’une semaine à l’autre.

Véronique Mallet affirme que la SNA a les moyens de se doter d’une équipe d’environ cinq employés. Mais tout n’est pas encore coulé dans le béton.

«Je m’attends à être flexible si jamais des gens cherchent du temps partiel, si jamais des gens cherchent à pourvoir à des postes. Je m’attends de voir quels sont les profils, quelles sont les forces qui vont m’être présentées et comment on peut créer des postes pour maximiser ces forces-là.»

Elle affirme que la prochaine année en sera une de transition. La SNA a les reins assez solides pour prendre le temps de se remettre en marche au cours des prochains mois. L’équipe est à construire, mais l’organisme ne repart pas à zéro, précise-t-elle.

«On a 125 ans d’histoire, on a des ententes qui sont signées. J’arrive et le financement est là pour cette année. Ce n’est pas comme si j’arrivais et qu’il n’y avait pas une cenne dans le compte et qu’il y avait tout ce travail-là à faire.»

Quant au conseil d’administration de la SNA, il sera renouvelé au complet lors de la prochaine assemblée générale annuelle en septembre prochain. Tous les postes seront à pourvoir: président, vice-président, secrétaire-trésorier et conseiller jeunesse.

Vers une «meilleure concertation des acteurs»

Véronique Mallet compte consacrer ses efforts à la reconstruction de la Société Nationale de l’Acadie au cours de sa première année en poste. Lorsqu’on lui demande quelles sont ses autres priorités, elle a des idées en tête.

«Au-delà de ça (la reconstruction), ce que je souhaite apporter, c’est une meilleure concertation des acteurs sur le terrain. (…) Je pense qu’il faut que l’on mette ensemble nos acteurs pour être capables d’atteindre les objectifs communs à l’Acadie au lieu d’arriver avec une approche qui est rapiécée.»

Quant à la place que la SNA doit prendre dans l’écosystème associatif francophone et acadien au Canada, qui est particulièrement diversifié, elle affirme que l’organisme a une approche et un mandat unique.

Contrairement à bon nombre d’autres organisations locales, régionales ou internationales, elle est signataire d’ententes avec des États et jouit d’une place à l’international. Il s’agit d’une force sur laquelle elle veut miser.

«La SNA a cette richesse-là et moi je m’attends de l’exploiter. La SNA est dans une position intéressante pour concerter ses membres et négocier directement avec le gouvernement fédéral, afin de développer une plateforme atlantique pour les enjeux.»