Tensions touristiques dans le Restigouche

L’Association touristique du Restigouche déplore avoir été mise de côté lors d’une journée de réflexions sous le thème… du tourisme au Restigouche.

Sous prétexte de brasser des idées afin de développer le secteur touristique et trouver des façons d’améliorer la promotion et la visibilité de la région, la Commission de services régionaux du Restigouche (CSR-Restigouche) avait prévu tenir, lundi, une journée de réflexion.

L’événement, qui a été reporté à l’automne, s’adressait aux élus et aux intervenants touristiques des différentes communautés situées à l’intérieur des frontières de la commission.

Mais voilà, l’Association touristique du Restigouche (ATR) – un joueur d’importance qui représente les intérêts du tourisme régional – ne figurait pas sur la liste des invités.

Un oubli décrié par cet organisme.

Il faut dire qu’au cours des derniers mois, certains membres de la CSR-Restigouche ont émis des réserves quant à l’efficacité de la promotion touristique du Restigouche dans sa forme actuelle. Le travail de l’ATR a, dans certains cas, aussi été remis en question.

Ces commentaires ont piqué au vif les membres du conseil d’administration de l’association. L’absence d’une place de choix à cette journée de réflexion a été la goutte qui a fait déborder le vase. Muet jusqu’ici, le conseil vient de hausser le ton.

«On organise un événement touristique régional et on n’invite même pas le président ou un délégué de l’association touristique de cette région? Pourtant, c’est nous qui représentons les opérateurs touristiques du Restigouche depuis des années. C’est incompréhensible», souligne d’une même voix le conseil d’administration de l’ATR, qui était prêt à prendre part à l’événement et à défendre son bilan auprès de la CSR-Restigouche, mais aussi auprès des opérateurs touristiques.

L’organisme se dit également irrité par la nature de cette journée de réflexions qui vise, entre autres, à réviser le rôle de l’ATR.

«C’est surprenant qu’un organisme qui ne fait pas partie de notre association contacte nos membres et décide de se pencher sur notre rôle et notre raison d’être», ajoute-t-on.

La CRS-Restigouche a justifié par le passé sa décision de ne pas inclure l’Association touristique du Restigouche à la rencontre par le fait que les frontières des deux organismes ne sont pas les mêmes (la CSR-Restigouche n’ayant pas juridiction à Saint-Quentin).

«Mais si l’on veut parler et développer le tourisme, on doit parler pour toute la région, pas commencer à la diviser en petites parties. À preuve du contraire, la zone touristique du Restigouche comprend toujours Saint-Quentin», précise-t-on.

Le conseil entend par ailleurs demander une rencontre officielle avec la CSR-Restigouche au cours des prochains mois afin de clarifier toute cette situation.

«Ils disent être prêts à s’asseoir avec nous pour discuter, mais ils ne l’ont toujours pas fait. En fait, ils n’ont même pas jugé bon nous inviter à leur journée de réflexion. Ce sera donc à nous de nous inviter», exprime-t-il, prêt à rencontrer les membres de la CSR-Restigouche pour discuter des différents enjeux et des dossiers touristiques.

«Nous sommes une organisation avec peu de moyens financiers. On sait que nous avons des lacunes et on y travaille. En fait, on devrait tous travailler ensemble pour développer le tourisme dans la région. Tout le monde y gagnerait», estime-t-on à l’ATR.