Énergie Est: Irving s’oppose à une partie de l’examen

Irving Oil s’oppose à certains des critères d’évaluations envisagés par l’Office national de l’énergie(ONÉ) dans le cadre de l’examen du projet d’oléoduc Énergie Est.

La pétrolière néo-brunswickoise croit notamment que l’ONÉ ne devrait pas se pencher sur la hausse possible des émissions de gaz à effet de serre en aval du pipeline.

Contrairement au gouvernement fédéral, Irving estime également que le régulateur n’a pas besoin d’étudier les changements au trafic maritime dans la baie de Fundy que pourrait provoquer le conduit qui doit finir sa course dans la ville portuaire de Saint-Jean.

L’entreprise a émis ces préoccupations dans une lettre envoyée à l’office en réponse à la liste provisoire de questions que l’organisme songe à examiner.

L’office est chargé d’étudier le projet de la société TransCanada qui souhaite raccorder les champs pétrolifères de l’Ouest canadien avec les raffineries des provinces de l’Est et le port de Saint-Jean.

La plus importante raffinerie du pays, une propriété d’Irving Oil, est située à Saint-Jean. La pétrolière a également l’intention d’y bâtir un terminal maritime destiné à l’exportation du pétrole en provenance de l’oléoduc.

Selon Irving, la quantité de gaz à effet de serre à la sortie du pipeline ne «sera pas influencée par le projet» puisque les raffineries de l’Est du pays s’approvisionnent déjà ailleurs dans le monde et continueront à le faire en l’absence d’Énergie Est.

L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre ne dépend pas de la présence de l’oléoduc, mais plutôt de «facteurs économiques et sociétaux plus généraux qui ne sont pas associés au projet comme les tendances démographiques, l’activité économique et les prix de l’énergie», écrit la pétrolière.

Concernant le trafic maritime, Irving est d’avis que l’intervention de l’ONÉ pourrait être «inutile» puisque la question fait déjà l’objet d’un examen volontaire mené par Transport Canada.

«Nous estimons que les changements apportés aux tracés maritimes résultant du projet sont une considération importante, mais qu’ils sont déjà considérés comme faisant partie du vaste processus plurilatéral TERMPOL dirigé par Transports Canada en collaboration avec d’autres organismes de réglementation.»

Dans sa propre réponse à liste de questions de l’ONÉ, le gouvernement du Canada encourage le régulateur à étudier les «effets environnementaux potentiels associés à l’augmentation du transport maritime» afin de  «compléter» l’examen TERMPOL.

La question du trafic maritime dans la baie de Fundy est intimement liée à la survie de la baleine noire de l’Atlantique Nord, une espèce menacée qui vit notamment dans la région.

Irving indique d’ailleurs dans sa lettre que le trajet des pétroliers qui desservent sa raffinerie a déjà été modifié pour éviter les collisions qui peuvent s’avérer fatales pour ce mammifère aquatique.

Ressources naturelles Canada, qui a coordonné la réponse d’Ottawa au nom du gouvernement, a choisi de ne pas se prononcer sur la proposition de l’ONÉ concernant les émissions de gaz à effet de serre en aval de l’oléoduc.

Le ministère rappelle seulement qu’Ottawa «s’est engagé à évaluer les émissions de GES directes et en amont» attribuable à Énergie Est.

L’ONÉ a choisi de recommencer du début le processus d’évaluation du pipeline Énergie Est après la démission en septembre des trois membres du comité d’évaluation qui étaient soupçonnés de conflit d’intérêts en faveur de l’industrie.

Le nouveau comité est présidé par un ex-haut fonctionnaire du Nouveau-Brunswick, l’Acadien Don Ferguson.

L’office n’a pas encore précisé quand auront lieu les nouvelles audiences publiques sur le projet.