Le bar rayé n’est pas encore un problème dans la Restigouche

Si le bar rayé cause plusieurs maux de tête à certains pêcheurs commerciaux, l’impact négatif de son augmentation ne s’est pas fait ressentir dans la portion ouest de la Baie-des-Chaleurs ni dans la Restigouche.

Cela ne signifie pas pour autant qu’on n’y observe pas ce poisson dans ce secteur. Au contraire, sa pêche attire même de plus en plus d’adeptes.

Le nombre de prises est en effet en forte augmentation dans cette partie de la Baie-des-Chaleurs selon David LeBlanc, directeur général du Conseil de gestion du bassin versant de la rivière Restigouche.

«Le bar rayé ne fraye pas dans la Restigouche, mais il vient y faire un tour. Il n’apparaît dans le coin qu’au début du mois de juin et on en retrouve dans l’estuaire de la rivière jusqu’à l’automne, jusque dans le secteur de Tide Head où l’eau est toujours salée. Et c’est un fait qu’il y a de plus en plus de captures», confirme-t-il, ajoutant que certains spécimens se sont même aventurés plus loin l’an dernier, dans la rivière Matapédia.

Selon ce dernier, le bar rayé n’est pas encore un problème dans la région. Cela dit, on surveille son évolution de très près. En partenariat avec les Premières nations – qui effectuent une pêche alimentaire –, le conseil de gestion a notamment développé un programme de contenu stomacal où un biologiste vérifie le contenu des prises afin d’avoir un portrait plus précis du régime des bars rayés qui s’aventurent dans l’estuaire.

M. LeBlanc estime que ce poisson ne semble pas à ce stade une grande menace pour les populations de saumons de l’Atlantique de la Restigouche, même s’il arrive qu’il se nourrisse de petits saumons. «En général, quand les saumoneaux quittent le système pour leur migration en mer, le bar rayé n’est pas là en grand nombre. On est donc loin de la problématique de la Miramichi où les saumoneaux qui quittent et les bars rayés qui arrivent frayer se retrouvent au même endroit en même moment», dit-il.

Mais est-ce que le bar rayé est un poisson que l’on aime voir dans la Restigouche ou est-ce quelque chose que l’on craint? «Moi, j’aime bien voir une diversité, mais ça dépend vraiment des quantités. Une saine gestion est nécessaire afin que ce dernier ne nuise pas aux autres espèces que l’on retrouve dans la baie. On ne voudrait pas voir une espèce venir nuire à une autre», indique-t-il.

Dans l’autre grande rivière de la province, la Miramichi, les stocks de bar rayé ont explosé au cours des dernières années. Et certains atteignent des tailles imposantes, comme le montre cette photo.

Bon pour la pêche sportive

Le bar rayé longe généralement la côte néo-brunswickoise puis remonte ensuite en grand nombre vers celle de la Gaspésie où la pêche récréative est en forte croissance. À Carleton-sur-Mer par exemple, un festival en l’honneur de cette espèce (le Bar Fest) a vu le jour l’an dernier et en sera à sa seconde édition en juillet. « C’est très fort en Gaspésie. Les pourvoyeurs offrent de plus en plus de produits touristiques liés à ce poisson. C’est aussi bon pour le tourisme puisque ça attire des gens de partout. J’ai vu des gens de Québec et Montréal venir pêcher le bar rayé durant une semaine entière », relate M. LeBlanc, soulignant que cet intérêt commence aussi à se faire sentir de ce côté-ci de la baie.

Pour lui, le fait que le nombre pêcheur de bars rayés augmente est intéressant en soi puisque cela crée une certaine relève à la pêche au saumon. D’ailleurs, les deux pêches ont certaines similitudes. « La pêche au bar rayé apporte un engouement pour la pêche à la mouche. La technique et les mouches sont un peu différentes, mais c’est bon pour nous qui avons des rivières à saumons. Ça développe et forme des pêcheurs qui, éventuellement, vont vouloir faire le saut vers le saumon», explique-t-il.