Crash d’hélicoptère: une rencontre marquée par l’émotion

Le plaisir, mais aussi l’émotion, était au rendez-vous lors de la rencontre entre le groupe de premiers répondants du Restigouche et l’homme à qui ils ont sauvé la vie un an plus tôt.

Ils étaient treize premiers répondants au total – policiers, pompiers et ambulanciers – à avoir pris la direction de Québec vendredi dernier afin d’assister à une partie de baseball des Capitales de Québec, une invitation lancée personnellement par le propriétaire de l’équipe, Michel Laplante.

Ce dernier est, rappelons-le, le seul survivant de l’écrasement d’hélicoptère survenu le 4 septembre 2016 dans la rivière Restigouche à la hauteur de Flatlands. L’appareil, qui volait à basse altitude, avait alors heurté une ligne de transmission interprovinciale. Le pilote de l’appareil, Frédéric Descoste, et l’autre passager, le chanteur et ex-hockeyeur Bob Bissonnette, ont péri dans l’écrasement. M. Laplante, lui, a eu plus de chance. Survivant, il a pu être sorti des eaux à temps grâce à l’intervention rapide de citoyens et de premiers répondants. C’est pour les remercier qu’il les a invités à venir chez lui, aux stades de ses Capitales, afin de faire connaissance.

Michel Laplante, dans les jours qui ont suivi l’accident. – Archives

«J’ai rencontré ces gens dans un autre contexte vraiment désagréable, mais ils se sont avérés être très importants à ce moment pour moi et les membres de ma famille. Les inviter ici, c’était pour moi une façon de les remercier, de souligner leur bon travail. C’était aussi l’occasion de rattacher quelques bouts de l’histoire, car je n’ai pas été conscient de tout ce qui s’est passé lors de mon sauvetage», confie M. Laplante.

Coordonnateur du voyage au niveau des premiers répondants, Benji Pitre dit avoir apprécié l’occasion de revoir M. Laplante. Pour lui – comme pour tous les autres d’ailleurs, il s’agissait de la première fois qu’ils se revoyaient depuis l’incident. «Michel ne connaissait pas toutes les personnes présentes puisqu’il était pas mal amoché cette journée. Il se souvenait de beaucoup de choses, mais il lui manquait aussi de grands bouts»,  explique-t-il.

Selon M. Pitre, l’homme d’affaires québécois n’a effectivement pas hésité à sauter dans le vif du sujet. «Il était vraiment curieux. Il voulait connaître le rôle et les versions de tout le monde, question de remplir les moments où il était inconscient ainsi que ses propres trous de mémoire. À l’inverse, on a aussi pu en apprendre plus sur la façon dont lui a vécu ce drame, à savoir qu’il a vraiment cru qu’il allait mourir cette journée, jusqu’à ce qu’il soit agripper et extirper de l’hélicoptère», explique M. Pitre.

Le groupe a également eu la chance de rencontrer la femme et la fille de M. Laplante, ainsi qu’un ami proche de Bob Bissonnette. «On a ressenti beaucoup de gratitude de leur part, qu’ils étaient reconnaissant envers nous du travail effectué, d’avoir sauvé Michel. C’était très touchant», raconte M. Pitre.

Pour M. Laplante, la rencontre fut agréable bien que difficile par moment.

«Retourner dans le passé comme ça, se rappeler ces souvenirs, ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable. Mais en même temps, ça m’a fait du bien. Je voulais aussi m’assurer que ceux qui me sont venus en aide allaient bien, que ça ne les a pas trop affectés par la suite. Car moi je n’ai pas beaucoup d’images en tête de cette journée, mais eux ont certainement vu des choses qu’ils auraient préféré ne pas voir», exprime le survivant.

Leur hôte a d’ailleurs profité de l’occasion pour dévoiler au groupe l’un de ses projets, soit la conception d’une petite scène au stade, scène qui fut rebaptisée en l’honneur de Bob Bissonnette.

Physiquement, M, Laplante dit avoir bien récupéré de l’accident, mis à part quelques douleurs occasionnelles au genou, à la hanche et à l’épaule gauche.

«Je suis parfaitement mobile. Il y a des sports que je ne peux plus pratiquer, mais étant donné les circonstances, je n’ai vraiment pas à me plaindre», avoue-t-il.

Il se promet par ailleurs de revenir dans la région prochainement afin de visiter les lieux de l’écrasement, sorte de pèlerinage en hommage à des deux amis décédés.

«On pourrait peut-être même y aller dès cet été. Je veux voir la région sous un autre œil», indique ce dernier.