«Cette crise était nécessaire»

Après la crise de l’année dernière, la SANB (Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick) repart sur de bons rails. L’assemblée générale annuelle de ce week-end, à Miramichi, donne le coup d’envoi à une nouvelle politique d’action.

«Cette crise était nécessaire. Elle nous a permis d’être là où nous en sommes aujourd’hui. Nous avons l’occasion de nous remettre en question et de repartir sur de solides fondations», déclare Kevin Arseneau.

Le président de la SANB en est persuadé, l’institution a besoin de se réinventer. Il veut la remodeler.

«Nous devons nous interroger sur notre modèle de gouvernance, redéfinir ce qu’est être membre de la SANB.»

Depuis qu’il a pris la tête de la société en octobre, Kevin Arseneau constate qu’il n’est pas le seul à cultiver cette envie de changement. C’est avec satisfaction qu’il s’entretient désormais avec des jeunes qui lui disent vouloir s’impliquer.

Ce week-end à l’AGA, des personnes qui ne s’étaient jamais manifestées ont pris part aux ateliers et aux tables rondes proposés.

«La moyenne d’âge des participants a diminué comparée à la précédente réunion. C’est visible et encourageant.»

Kevin Arseneau n’entend pas entamer une révolution majeure et radicale. Les enjeux traditionnels restent sa préoccupation, c’est-à-dire l’éducation, la santé, l’économie, la culture et l’application de la loi sur les langues officielles.

«Dans tous ces domaines, il reste des progrès à faire pour arriver à une parfaite égalité.»

De nouvelles questions s’ajoutent à ces différents points. La jeune génération a d’autres ambitions. Elle se montre par exemple soucieuse de la protection de l’environnement et du développement des énergies renouvelables.

«On le voit dans la Péninsule acadienne, avec l’initiative Imaginons la Péninsule autrement», souligne le responsable.

Celui-ci veut encourager les communautés acadiennes de la province à devenir autonomes. C’est le seul moyen de permettre «l’épanouissement du peuple acadien», croit-il.

«La SANB doit intervenir en soutien.»

Dans son action, Kevin Arseneau peut compter sur l’appui de la Fédération des communautés francophones et acadiennes (la FCFA). Son nouveau président élu il y a une dizaine de jours, Jean Johnson, a assisté à l’AGA.

«Il me paraît important de me rendre en région pour rencontrer les gens et comprendre les attentes des différentes communautés», explique-t-il.

Jean Johnson partage la vision de Kevin Arseneau. Lui aussi veut œuvrer pour le rayonnement de l’Acadie et de la francophonie à l’échelle nationale.

«Nous avons un travail à faire avec les élus du gouvernement fédéral. Arrêtons de parler, passons à l’action. Nous avons besoin d’investissements financiers dans les communautés.»

Le président de la FCFA sent une possibilité de dialogue et d’avancées avec le premier ministre Justin Trudeau.

«Quand il parle en français, il s’adresse au Québec, mais il sait que la croissance ne se fera pas sans l’engagement des autres communautés francophones. On aimerait une déclaration ferme de sa part sur le sujet.»

Kevin Arseneau est reparti ragaillardi de l’assemblée à Miramichi, qui a réuni sur les deux jours près d’une centaine de personnes.

«On est au début de quelque chose qui est de bon augure. On est dans un moment d’espoir pour la francophonie au Canada.»

Il se donne un an pour concrétiser ses projets.

«L’AGA de 2018 sera celle du lancement de la nouvelle image de marque de la SANB, avec présentation de notre prochaine structure de gouvernance et de notre future conception des membres. L’action s’en vient!»