Une nouvelle poursuite déposée contre un ancien prêtre

Une énième victime alléguée de l’ex-prêtre Yvon Arsenault se tourne vers les tribunaux. L’homme, aujourd’hui dans la soixantaine, dit avoir été agressé sexuellement dans une chambre d’hôtel lorsqu’il avait 17 ans.

Le plaignant a déposé la semaine dernière en Cour du Banc de la Reine un avis de poursuite contre Yvon Arsenault et l’archidiocèse catholique de Moncton.

Dans ce document, dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie, il allègue que lui et deux de ses amis ont été agressés sexuellement par le prêtre lors d’un voyage au Massachusetts en 1972.

L’homme, qui était à l’époque membre de la paroisse catholique de Haute-Aboujagane (une petite communauté située à une quarantaine de kilomètres de Moncton) affirme qu’Yvon Arsenault a abusé de l’autorité que lui conférait son rôle, notamment en lui faisant croire que son «âme était en jeu».

«Afin de faciliter les abus, (Yvon) Arsenault avait établi un modèle de comportement qui avait comme objectif d’amener le plaignant à sentir qu’il était spécial aux yeux d’Arsenault, de l’Église et de Dieu», lit-on dans le document.

Le plaignant estime que l’archidiocèse de Moncton a aussi une part de responsabilité. Selon lui, l’Église a fermé les yeux sur l’agression de mineurs par des prêtres et n’a pas protégé les victimes.

Il affirme que l’agression alléguée a eu des répercussions majeures sur sa santé mentale. Angoisse, anxiété, sentiment de culpabilité, traumatisme émotionnel, dépression et plus encore; la liste des conséquences négatives alléguées est longue.

Il dit avoir eu des problèmes de consommation de drogues et d’alcool dans la foulée de l’agression alléguée et que ces problèmes lui ont coûté son emploi. Il demande au tribunal d’imposer divers dommages et intérêts.

Les deux parties visées par cette poursuite n’ont pas encore répondu à l’avis de poursuite. Nous avons contacté l’archidiocèse de Moncton, lundi après-midi, pour recueillir ses commentaires, mais nous n’avons pas eu de ses nouvelles avant l’heure de tombée.

Yvon Arsenault de retour en cour jeudi

Plusieurs autres poursuites au civil ont été déposées contre Yvon Arsenault et l’archidiocèse de Moncton au cours des dernières années. Ces dossiers sont encore en cours

Cet ex-prêtre catholique, retiré de tout ministère en 2012 par l’archidiocèse, a aussi été poursuivi au criminel pour des agressions sexuelles contre des mineurs.

En février dernier, il a été condamné à une peine d’emprisonnement de quatre ans après avoir plaidé coupable à neuf chefs d’accusation d’attentat à la pudeur.

Les agressions en question ont été commises de 1971 à 1980 contre des garçons de 9 à 17 ans.

En mai, de nouvelles accusations d’attentat à la pudeur ont été portées contre lui pour des crimes qui auraient été commis de 1970 à 1973.

Il avait alors demandé l’ajournement des procédures pour se trouver un avocat. Sa prochaine comparution aura lieu jeudi matin en Cour du Banc de la Reine, à Moncton.