Ce ne sont pas la retraite et un infarctus qui vont empêcher Gilmond Duguay de pêcher!

L’Ordre du pêcheur de Shippagan compte, depuis ce week-end, un nouveau récipiendaire: Gilmond Duguay, de Cap-Bateau sur l’Île Lamèque. Il est officiellement à la retraite depuis l’année dernière, et pourtant il continue de prendre le large. Car il a la pêche chevillée au corps.

Rien n’a jamais détourné Gilmond Duguay de la mer. Pas même quelques années passées à travailler dans les usines de poisson pour se rapprocher des siens, dit-il, et vivre une vie de famille plus conventionnelle.

Il a repris la barre de son bateau et maintenu le cap. Les tempêtes, la raréfaction du poisson et des crustacés, les prix bas, et même un infarctus n’ont pas eu raison de son amour pour les grandes eaux bleu marine.

«La pêche, c’était le métier de mon père. C’est celui que j’ai choisi. Je ne me suis jamais senti aussi libre que sur mon bateau. À l’usine, j’avais l’impression d’être en prison.»

Gilmond Duguay, âgé de 67 ans, s’est initié à cet univers particulier à l’âge de 13 ans.

«À son époque, tout se faisait manuellement. Les embarcations n’étaient pas aussi équipées que maintenant», souligne sa fille aînée, Annie.

De son enfance à Cap-Bateau avec son frère, celle-ci reste marquée par les absences de son père.

«On le voyait peu: un jour avec nous, parfois deux, et il repartait pour une semaine de pêche. Mais il a su nous donner tout l’amour dont on avait besoin», confie-t-elle, sans amertume.

Les absences répétées, c’est ce que la femme de Gilmond, Viola, a trouvé le plus difficile à vivre pendant tout ce temps. Elle s’y est résolue.

«Je savais ce qu’il en serait quand je l’ai connu. Je l’ai accepté comme ça. Aujourd’hui, je suis fière de lui.»

Il y a trois ans, le récipiendaire 2017 de l’Ordre du pêcheur a cédé sa licence à son fils. Une manière de transmettre la tradition familiale. Ça ne l’empêche pas de l’accompagner à l’occasion pour pêcher le homard, le crabe des neiges ou le hareng.

Gilmond Duguay est conscient des dangers de la mer qui a englouti plus d’un homme.

«Mon père m’a toujours dit: « Montre-toi humble devant les éléments! » Et c’est ce que j’ai fait. Ça ne sert à rien de se croire plus fort que la nature, on ne l’est pas.»

Sa fille, elle, en est persuadée: son père n’a pas du sang dans les veines, mais de l’eau salée.

«Comme on dit, on peut sortir un gars de la pêche. Mais on ne peut pas sortir la pêche du gars.»

L’Ordre du pêcheur a été décerné, samedi, en ouverture du Festival des pêches et de l’aquaculture du Nouveau-Brunswick, à Shippagan.

Un moment important que le ministre Denis Landry définit en ces termes: «C’est le temps de célébrer la contribution que tous les hommes et les femmes de l’industrie apportent à notre économie et à notre qualité de vie.»

Le ministre Landry s’exprimait au nom du député de circonscription, Wilfred Roussel, en déplacement au Luxembourg, en Europe, pour un sommet de la francophonie.

Le festival se poursuit jusqu’à dimanche avec, au programme, plusieurs animations familiales. Parmi les plus importantes, notons des représentations de cirque, une soirée de lutte (mercredi, au centre Rhéal-Cormier) et des courses de 5km et 10km (samedi matin, au départ de la passerelle près de l’aquarium et centre marin).

Le calendrier détaillé des activités est consultable sur le site internet: www.festival.shippagan.com.