Comité spécial sur le cannabis: consultation publique à Atholville

Les membres du Comité spécial sur le cannabis étaient plutôt en terrain conquis, lors de leur consultation publique à Atholville, jeudi, puisque beaucoup d’intervenants de la région comptent sur le projet Zenabis pour relancer l’économie locale. Le propriétaire de la compagnie demande au gouvernement de ne pas attendre l’automne pour signer les contrats d’approvisionnement.

Une douzaine de personnes ont pris la parole pour donner leur avis sur la légalisation du cannabis à des fins récréatives.

Kevin Coft, le président de Zenabis, a indiqué au panel composé de députés du gouvernement et de l’opposition, qu’il visait d’abord la production à des fins médicales, à compter de la fin août-début septembre, ainsi qu’à étendre ses activités sur les produits récréatifs.

Il a insisté sur l’importance d’une culture qui respecte des normes très strictes. Il juge cependant très ambitieux l’échéancier du 1er juillet 2018 pour rendre la substance légale.

Pour cette raison, M. Coft estime que le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait s’entendre avec les producteurs dès maintenant, sans même attendre la création de la Société de la Couronne qui doit encadrer la vente.

«Nous avons besoin de savoir combien le gouvernement est prêt à acheter. Ça demande un investissement significatif pour agrandir nos installations si nous voulons répondre aux besoins des consommateurs néo-brunswickois. De plus, ça prend des mois pour produire, former les employés et monter notre inventaire. La Société des alcools devrait avoir l’autorité de conclure des ententes avec les producteurs licenciés en attendant la création de l’autre organisation», souhaite M. Coft.

Si la majorité de ceux qui ont pris la parole se rangeait derrière le projet Zenabis, tout en soulignant la pertinence d’une vaste campagne de sensibilisation auprès de la population, notamment des jeunes, quelques voix discordantes se sont fait entendre.

Quelques voix discordantes

Le maire, Paolo Fongemie, a, entre autres, soulevé des préoccupations quant au fardeau financier pour les municipalités et l’aspect sécurité.

«Nous devrons revoir le règlement de zonage avec les modalités de la loi d’urbanisme. Il faudra aussi investir dans la formation des policiers. Est-ce qu’il y aura un partage des revenus du gouvernement envers les municipalités? Il faut aussi prévoir la question de la consommation du cannabis des employés municipaux sur le lieu de travail», avance-t-il.

Le groupe de travail du Nouveau-Brunswick propose de fixer l’âge de consommation à 19 ans et plus, avec une limite de 30 grammes par personne. Un particulier pourra cultiver pour ses propres besoins quatre plantes de marijuana.

Les policiers sont encore dans le flou sur les moyens d’action dont ils disposeront si les règles ne sont pas respectées. Ils s’inquiètent également de l’impact social.

«Quelle sera la procédure si nous recevons une plainte comme quoi quelqu’un a plus de plantes que permis? Aurons-nous besoin d’un mandat de perquisition, d’une ordonnance judiciaire? Aussi, nous répondons à beaucoup d’appels de gens avec des problèmes mentaux et des pensées suicidaires reliés à la dépendance. Nous pensons que plus de jeunes vont expérimenter quand ce sera légal et nous voulons nous assurer d’être bien préparés», a exprimé Ernie Boudreau, le chef de Force policière de Bathurst.

La prochaine rencontre du Comité spécial sur le cannabis se tiendra à St. Stephen le 24 juillet. Le rapport devrait être dévoilé au début septembre.