Le gouvernement fédéral a annoncé mercredi de nouveaux efforts pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord – une espèce menacée -, notamment en demandant aux marins de réduire leur vitesse temporairement et en fermant partiellement une zone de pêche de crabe des neiges.

Un avis exhorte les marins à réduire leur vitesse de navigation le long du chenal Laurentien dans les voies de trafic maritime entre les Îles-de-la-Madeleine et la péninsule gaspésienne jusqu’au 30 septembre.

Il ne resterait que 525 baleines noires de l’Atlantique Nord encore en vie. Les sept baleines qui sont décédées depuis le début de l’année représentent donc plus de 1% de la population totale de l’espèce.

«C’est très inquiétant pour le gouvernement du Canada. C’est une espèce qui nécessite des mesures de protection extraordinaires en vertu de la Loi sur les espèces en périls», précise le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic LeBlanc.

Depuis le début de l’été, au moins six baleines noires ont été retrouvées mortes. D’autres ont été prises aux pièges dans des filets de pêche et ont dû être libérées.

Une fermeture partielle immédiate est également mise en oeuvre dans la zone de pêche au crabe des neiges, que les baleines ont la réputation de fréquenter, et les pêches pratiquées dans la zone seront «passées en revue» afin de prendre des mesures «visant à éviter tout effet négatif sur les baleines».

L’impact économique de la fermeture de la zone de pêche au crabe n’est pas à craindre, selon le ministre LeBlanc, puisque la saison était déjà sur le point de se terminer.

Le gouvernement demande également aux représentants de l’industrie de la pêche commerciale dans le golfe du Saint-Laurent de surveiller la zone pour signaler toute présence de baleine.

Les scientifiques de Pêches et Océans Canada, les pêcheurs et les représentants de l’industrie du transport maritime devront s’asseoir à la même table pour trouver des solutions avant la prochaine saison, avance Dominic LeBlanc.

«Est-ce qu’il y aura des changements de pratiques de pêche, d’équipement? Est-ce qu’on va modifier les zones?»

La mort d’un bénévole du Nouveau-Brunswick qui participait au sauvetage d’une baleine au large de Shippagan, lundi, a poussé une agence fédérale américaine à suspendre ce type d’opérations.

Chris Oliver, de l’Administration océanique et atmosphérique nationale (NOAA), a expliqué mercredi que la sécurité des sauveteurs est primordiale.

L’agence américaine suspend donc jusqu’à nouvel ordre toutes les opérations de sauvetage de grosses baleines qui seraient empêtrées dans des gréements de pêche, afin de réévaluer les protocoles d’intervention d’urgence.

Le Canada a décidé de faire de même.

«Pêches et Océans et la Garde côtière ne participeront plus à des opérations de sauvetage avec le même genre d’embarcation jusqu’à ce que nous ayons d’autres options et les avis des experts de Transports Canada», indique Dominic LeBlanc.

Lundi, Joe Howlett, de l’île Campobello, dans la baie de Fundy, est mort lorsque la baleine noire de l’Atlantique Nord qui venait d’être libérée d’un filet de pêche l’a accidentellement frappé en prenant le large.

L’accident s’est produit dans le golfe du Saint-Laurent au large de Shippagan.

M. Howlett, un pêcheur de homard âgé de 59 ans, était à bord d’un bateau de Pêches et Océans Canada. Il avait cofondé en 2002 l’Équipe de sauvetage des baleines de Campobello, et avait participé au sauvetage d’une vingtaine de baleines depuis.

La nouvelle de l’accident a fait le tour du monde dans les médias traditionnels et les messages de sympathie ont afflué sur les médias sociaux.

Dans cette vidéo, diffusée en août 2016, on peut voir M. Howlett tenter de libérer une baleine dans s’était empêtrée dans des gréments de pêche.

Le ministre LeBlanc a rencontré mercredi les trois agents des pêches de Shippagan qui ont vu cette tragédie se dérouler devant leurs yeux.

«J’ai passé un moment seul avec eux pour les encourager et pour leur dire à quel point le gouvernement appuie leur travail et leur professionnalisme. Nous allons les accompagner durant cette période qui ne sera pas facile», confie celui qui est également le député de Beauséjour.

Selon le Fonds international pour le bien-être des animaux, près des deux tiers des baleines noires de l’Atlantique Nord ont eu à se dépêtrer avec des gréements de pêche commerciale, si l’on se fie aux cicatrices qu’ils en ont conservées.

– Avec la collaboration du journaliste Mathieu Roy-Comeau.

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