N.-B.: Naloxone gratuite aux populations vulnérables

Fredericton songe à offrir gratuitement aux personnes à risque le médicament capable de renverser les effets d’une surdose d’opioïdes.

L’an dernier au Nouveau-Brunswick, 29 personnes sont décédées d’une overdose d’opioïdes. Deux autres ont perdu la vie durant les trois premiers mois de 2017.

Quatre de ces décès ont été causés par le fentanyle, une drogue synthétique qui peut être jusqu’à dix fois plus puissante que les autres opioïdes.

Malgré ces nombreux décès, la crise des opioïdes n’a pas encore faire les mêmes ravages dans la province comparativement à ailleurs au Canada comme en Colombie-Britannique et en Ontario.

Comme le Nouveau-Brunswick n’est pas à l’abri d’une soudaine croissance du phénomène, Fredericton songe à offrir gratuitement aux personnes à risque un médicament capable de renverser les effets d’une surdose d’opioïdes.

Lorsque la naloxone est utilisée rapidement durant l’overdose, il peut aider la victime à respirer normalement et à reprendre connaissance. La naloxone peut être administrée par injection ou par vaporisation nasale.

«Le gouvernement provincial étudie la possibilité de rendre la naloxone disponible gratuitement aux populations vulnérables», indique le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Victor Boudreau.

«Nous allons en discuter avec les pharmaciens. Les pompiers ont également indiqué qu’ils aimeraient participer aux efforts. Nous avons encore du travail à faire avec nos intervenants, mais nous pourrons en annoncer davantage dans le futur.»

Les travailleurs paramédicaux, les policiers de la GRC et les membres de plusieurs forces policières municipales sont déjà équipés de la naloxone, précise-t-il.

Les gouvernements ontarien et britanno-colombien offrent déjà des trousses de naloxone aux populations à risques comme les toxicomanes, leurs familles et leurs amis ainsi qu’aux détenus qui sortent de prison.

Ambulance NB

Les travailleurs paramédicaux transportent du naloxone avec eux depuis la création d’Ambulance NB en 2007. Récemment, l’agence a changé ses directives concernant le médicament afin de pouvoir en faire un usage plus libéral.

Ambulance NB a notamment augmenté la dose réglementaire et réduit l’intervalle entre les doses en cas de surdose d’opioïdes.

Ils ont également assoupli la liste des symptômes qui doivent être réunis avant qu’un ambulancier décide d’administrer la naloxone.

«Avant, il fallait avoir la preuve que la personne était en overdose. Nous n’avons plus besoin de cette preuve. C’est un médicament très sécuritaire en l’absence de stupéfiant», explique le responsable de la formation et de l’assurance de la qualité chez Ambulance NB, Eric Beairsto.

«Nous demandons aux travailleurs paramédicaux de l’administrer si la personne est inconsciente ou réagit peu ou si elle a de la difficulté à respirer.»

«Personne n’est à l’abri»

Les opioïdes comme la morphine, la codéine et l’oxicodone sont de puissants antidouleurs vendus généralement seulement sous ordonnance. La consommation excessive d’opioïdes peut mener à la dépendance, à la surdose et même à la mort.

Selon la médecin hygiéniste en chef par intérim du Nouveau-Brunswick, Dre Jennifer Russell, «de trop fortes doses d’opioïdes en trop grande quantité sont prescrites trop souvent pour une trop longue période.»

«Je suis heureuse qu’il y ait une étude en cours sur la possibilité d’offrir la naloxone sans frais pour les personnes vulnérables», dit-elle.

«Soyons francs, personne n’est à l’abri de l’abus d’opioïdes et d’une overdose» prévient la responsable de la santé publique.

Dre Russell tient cependant à rassurer la population. «Comme les plus récentes données nous le démontrent, le Nouveau-Brunswick a l’un des taux les plus faibles au Canada de décès liés aux opioïdes.»