Consommation de marijuana: bientôt légale, mais pas sans danger

Même légale, la consommation de la marijuana n’est pas sans danger. C’est le message que lance la Société médicale du Nouveau-Brunswick à la population et au gouvernement provincial.

L’association professionnelle qui représente les médecins du Nouveau-Brunswick rappelle que les bénéfices économiques envisagés par la légalisation de la marijuana ne doivent pas faire perdre de vue les effets néfastes que peut avoir cette drogue sur la santé.

En fait, selon la Dre Lynn Murphy-Kaulbeck, présidente de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, la légalisation de la marijuana pourrait coûter cher au système de santé à plus long terme.

«Je crois qu’il faut faire attention parce qu’il y a beaucoup qui est dit par rapport aux bienfaits économiques de tout ça. Il faut cependant faire extrêmement attention de ne pas faire avancer les intérêts économiques en oubliant les risques potentiels à la santé. Nous avons vu dans d’autres cas, pour le tabac et l’alcool, qu’il peut y avoir des revenus immédiats, mais qu’à plus long terme, il coûtera plus cher afin de faire face aux effets sur la santé des gens», a indiqué la Dre Murphy-Kaulbeck en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

Plus tôt ce printemps, la Société médicale a émis ses recommandations quant à l’encadrement de la vente de la marijuana au Nouveau-Brunswick. Depuis, le dossier a progressé. Un rapport du gouvernement provincial est aligné avec plusieurs des recommandations de l’association. Or, l’âge légal recommandé par ce rapport ne plaît pas du tout aux médecins de la province.

Dans un monde parfait, d’après la Dre Murphy-Kaulbeck, l’âge pour consommer de la marijuana en toute légalité au Nouveau-Brunswick serait de 25 ans, puisque le cannabis peut nuire au développement du cerveau chez l’humain jusqu’à ce moment. Cependant, Ottawa propose 18 ans comme âge légal et le rapport du gouvernement provincial parle de 19 ans.

«Sachant que choisir 25 ans ne se produira probablement pas, nous avons suggéré 21 ans. Je crois qu’ils penchent vers 19 ans parce que c’est l’âge légal pour l’alcool et le tabac. Je crois que c’est un faible argument de choisir cet âge pour cette raison. Nous aimerions que ce soit 21 ans et que l’âge légal pour le tabac soit aussi changé à 21 ans.»

La Société médicale du Nouveau-Brunswick fera part de sa position au Comité spécial sur le cannabis de l’Assemblée législative vendredi à Fredericton, le dernier arrêt d’une série de consultations publiques sur ce dossier. L’organisme a aussi lancé une campagne de sensibilisation afin de communiquer les risques que comporte la consommation de marijuana pour la santé.

«Je crois qu’en tant que société médicale, nous représentons les médecins de la province et la majorité d’entre eux ont des inquiétudes à propos de la légalisation et de ses effets sur la santé du public. En tant que Société médicale, nous avons établi notre position et nous voulons voir un Nouveau-Brunswick en santé. Nous croyons que la légalisation apporte plusieurs préoccupations.»

Avec la campagne «C’est ton choix», les médecins de la province rappellent que la consommation de cannabis peut entraîner des dommages à long terme au cerveau, en plus de pouvoir causer la dépression, l’anxiété et le trouble bipolaire.

Un grand effort d’éducation

La médecin-hygiéniste en chef par intérim de la province, la Dre Jennifer Russell, espère qu’un grand effort d’éducation sera fait par le gouvernement provincial à l’approche de la légalisation du cannabis.

«Protéger la santé et la sécurité du public est une priorité pour le Bureau du médecin-hygiéniste en chef. Par l’entremise du Groupe de travail du Nouveau-Brunswick sur la légalisation du cannabis, nous voulons certainement voir des investissements dans l’éducation et de la sensibilisation ciblées afin d’aider à réduire les dangers liés à la légalisation du cannabis», a indiqué par courriel la Dre Russell.

«Alors que le groupe de travail ainsi que le comité spécial sur le cannabis continuent leur travail, nous travaillerons en collaboration étroite avec le public, les forces de l’ordre ainsi que d’autres partenaires et intervenants afin de mettre en œuvre des campagnes d’éducation mettant particulièrement l’accent sur les enfants et les jeunes afin de les sensibiliser davantage aux effets du cannabis afin d’assurer la santé et la sécurité du public», a-t-elle ajouté.