Glysophate: les citoyens encouragés à interpeller les équipes d’arrosage

Des groupes écologistes demandent aux citoyens de signaler directement leur mécontentement auprès des travailleurs responsables de l’arrosage d’un pesticide controversé sur les forêts de la province.

L’alliance Arrêtons l’arrosage Nouveau-Brunswick suggère aux résidents en milieu rural d’intervenir personnellement auprès des équipes d’épandage pour faire cesser l’utilisation du glyphosate dans leur région.

«Il n’y a rien d’illégal à ce que les résidents demandent poliment aux équipes d’arrosage d’arrêter leur travail par souci pour l’habitat naturel des chevreuils et des autres animaux sauvages ainsi que pour la santé de leur famille», affirme le groupe dans un communiqué de presse publié mardi.

Les écologistes somment toutefois les citoyens de faire preuve de prudence durant les activités d’épandage.

Selon le groupe, «plusieurs incidents ont déjà eu lieu cette saison impliquant des personnes qui ont respiré des émanations et qui ont dû être hospitalisées pour des vertiges et des nausées».

«Il est conseillé de plutôt essayer d’approcher les équipes avant qu’elles ne commencent l’épandage.»

Le glyphosate est notamment utilisé au Nouveau-Brunswick par l’industrie forestière et Énergie NB pour contrôler la végétation.

L’alliance propose au public de consulter la carte sur le site web www.infoforet.ca pour découvrir si des travaux d’arrosage sont prévus dans leur région.

«Nous sommes noyés sous les arrosages dans notre région», indique la porte-parole du groupe Écovie, Francine Lévesque, qui vit dans le Restigouche-Ouest.

«La carte des zones d’épandage dans les quatre dernières années montre l’intensité avec laquelle les étendues dans la zone Saint-Quentin-Kedgwick ont été coupées à blanc et arrosées. C’est une catastrophe.»

En 2015, le glyphosate a été classé comme étant probablement cancérigène pour les humains par l’Organisation mondiale de la Santé.

Depuis le mois dernier, le glyphosate se trouve aussi sur sa liste des produits potentiellement cancérigène de l’État de Californie.

Le glyphosate est un produit chimique utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes en foresterie et en agriculture ainsi que dans divers contextes industriels, commerciaux et domestiques. Le populaire herbicide Roundup vendu par Monsanto contient notamment du glyphosate.

L’an dernier, la médecin-hygiéniste en chef par intérim de la province a conclu que les Néo-Brunswickois ne courent pas plus de risques liés au glyphosate que les autres Canadiens.

«Nous reconnaissons qu’une incertitude existe à l’égard du glyphosate, mais selon l’examen que nous avons réalisé, les niveaux d’exposition à cet herbicide au Nouveau-Brunswick sont semblables ou inférieurs à ce qu’ils sont ailleurs», avait indiqué Dre Jennifer Russell.

En mai, Santé Canada a annoncé le maintien de l’homologation du glyphosate. Au terme d’un réexamen, le ministère fédéral a notamment déterminé qu’il était «peu probable qu’il représente un risque de cancer pour les humains» et que l’exposition à cet herbicide dans le régime alimentaire «ne devrait pas présenter de risque pour la santé humaine.»

En l’absence de consensus, le Nouveau-Brunswick devrait faire preuve de prudence, affirme la porte-parole d’Arrêtons l’arrosage, Caroline Lubbe D’Arcy.

«Quand tu n’es pas certain que quelque chose sécuritaire, tu arrêtes de t’en servir en attendant qu’il y ait d’autres études.»

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick entend continuer de se fier à l’expertise de Santé Canada, explique le porte-parole du ministère du Développement de l’énergie et des ressources, Shawn Berry.

«Nous comprenons les craintes en ce qui a trait à la sécurité du glyphosate mais le gouvernement du Nouveau-Brunswick continue de se fier aux évaluations et aux décisions des experts de Santé Canada afin de prendre des décisions qui sont basées sur la science et sur des faits.»

J.D. Irving, la plus importante entreprise forestière du Nouveau-Brunswick, assure que les herbicides «sont un outil efficace de gestion forestière et sont utilisés de façon limitée.»

«Tout notre personnel est agréé et hautement qualifié», indique la porte-parole de l’entreprise, Mary Keith. «Pour des raisons de sécurité, nous ne recommandons pas aux gens d’approcher nos opérations.»

Énergie NB déconseille aussi à la population de s’approcher de ses activités d’arrosage afin d’assurer «la sécurité du public et de nos employés», confie le porte-parole de la société d’État, Marc Belliveau.

Plutôt que d’approcher la machinerie lourde, Énergie NB suggère au public d’entrer directement en contact avec ses responsables