Jennifer McKenzie couronnée à la tête du NPD du Nouveau-Brunswick

C’était le secret politique le moins bien gardé dans la province. Jennifer McKenzie, seule candidate en lice, a été couronnée à la tête du Nouveau Parti démocratique du Nouveau-Brunswick, jeudi, à Fredericton.

L’ingénieur de formation promet de diriger un parti inclusif qui fera une grande place aux jeunes, aux femmes et aux travailleurs tout en valorisant la justice sociale, l’environnement et le bilinguisme.

«Les Néo-Brunswickois et les Néo-Brunswickoises ont soif de changement et cherchent un parti qui défend leurs intérêts», a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Originaire de Fredericton, Mme McKenzie a fait carrière dans une firme de technologies de l’Ontario avant de revenir s’installer au Nouveau-Brunswick. Elle vit maintenant à St. Martins, un village côtier à l’est de Saint-Jean.

La course à la direction du parti qui devait prendre fin lors d’un congrès à la direction en octobre n’aura pas lieu puisque Jennifer McKenzie était la seule candidate à avoir signifié son intérêt avant l’échéance de vendredi dernier.

La nouvelle chef, qui n’est pas très à l’aise en français, a insisté durant son discours sur l’importance du bilinguisme et la place de l’Acadie dans la province.

«Nous devons reconnaître et valoriser le bilinguisme et la dualité linguistique. La culture acadienne et francophone et celles d’autres communautés rendent notre vie plus riche et dynamique.»

«J’apprends le français. Jour après jour ça s’améliore», a-t-elle ajouté.

Jennifer McKenzie n’hésite pas à se qualifier de «socialiste». Elle prône des services de garde universels et la pension de retraite pour tous et s’oppose à la privatisation, à l’austérité et au travail précaire qui nécessite «deux ou trois emplois pour avoir un toit sur la tête et de la nourriture sur la table».

Contrairement à son prédécesseur, Dominic Cardy, qui dénonçait l’influence des syndicats dans le parti, Mme McKenzie promet de représenter les travailleurs.

«Nous allons continuer à soutenir les syndicats. Leur contribution est bienvenue alors qu’ensemble nous cherchons des solutions aux problèmes qui affligent les travailleurs pauvres.»

La nouvelle chef hérite d’un parti en santé et en pleine croissance, selon ceux qui en tenaient la barre depuis la démission fracassante de M. Cardy en janvier.

Le président du parti, Michel Boudreau, affirme que le NPD compte trois fois plus de membres et trois fois plus d’associations de circonscription en règle qu’au début de l’année.

Selon le site web d’Élections NB, le nombre d’associations enregistrées s’élevait à 36 au début du mois sur une possibilité de 49. La plupart de ces associations de circonscription ne possèdent cependant pas de conseil exécutif complet.

Dix circonscriptions ont le même président, Alessandro Grimaldi, qui est également le seul membre de leur conseil exécutif.

Michel Boudreau n’a pas souhaité dévoiler le nombre de membres du NPD.

La formation politique, qui n’a pas eu de député à l’Assemblée législative depuis 2005, partait de loin au début de l’année, avance celui qui était jusqu’ici le chef intérimaire du parti, Rosaire L’Italien.

«Au mois de janvier, ça ne valait pas grand-chose le NPD au Nouveau-Brunswick. Nous avons travaillé fort. C’est une sorte de renaissance pour le NPD.»

«La presse va avoir de très bonnes surprises au cours des prochains mois. Vous allez voir des gens très intelligents qui souhaitent être candidats pour le NPD», a-t-il assuré, jeudi.

Rosaire L’Italien demeurera au sein de l’exécutif du parti à titre de représentant de la région de Moncton.

Jennifer McKenzie n’a pas encore choisi la circonscription dans laquelle elle sera candidate lors des élections provinciales de l’automne 2018.

Au cours des quatre dernières années, Mme McKenzie a porté la bannière du NPD dans deux élections, en Ontario au provincial et au Nouveau-Brunswick au fédéral, sans réussir à être élue.

Lors des dernières élections provinciales, le parti a recueilli 12,9% du suffrage populaire.