Prix du homard: les pêcheurs pourraient être déçus

C’est la saison des rumeurs sur les quais du détroit de Northumberland. Après deux jours de pêche, les homardiers constatent que les débarquements sont satisfaisants, mais ils attendent avec impatience de connaître la valeur de leurs prises.

Les homardiers du Sud-Est et de Kent commencent à se faire une idée plus claire du type de saison de pêche qu’ils auront en 2017.

Dans le sud du détroit de Northumberland, «on a juste besoin de mettre ton casier à l’eau et on aura du homard», selon un pêcheur.

Dans le nord, les débarquements sont légèrement plus faibles, mais tout de même satisfaisants.

Plus nébuleuse est la question du prix du «roi du crustacé». Si aucune information n’est confirmée avec certitude jusqu’à la semaine prochaine, certains indices laissent prévoir un prix stable ou plus bas qu’en 2016.

Parmi les pêcheurs consultés par l’Acadie Nouvelle, jeudi matin, certains spéculent que le prix sera aussi bas que 4,25$ la livre, alors que d’autres prévoient un prix semblable à l’an dernier, soit de 5,50$ à 6$ la livre.

«On ne sait pas à quel point c’est vrai, mais ça ressemble comme si les prix ne seront pas bons. On s’attendait à ce qu’ils soient égaux aux prix du printemps (6$ à 7$ la livre), mais là ce n’est même pas proche», affirme Denis Gallant, de Grande-Digue.

«Le prix n’est pas encore certain. J’ai entendu de bonnes nouvelles, et j’ai entendu que si on reçoit moins que l’an dernier, ça ne sera pas de beaucoup. Quand on ouvrira nos enveloppes de paie, c’est là qu’on saura», explique Patrick Landry, pêcheur du quai des Robichaud, à Grand Barachois.

Au début de la semaine, le Conseil canadien du homard a publié un communiqué de presse sur les impacts d’un huard fort sur l’industrie du homard des Provinces atlantiques.

Dans le communiqué, des exportateurs et des représentants d’usines de transformation affirment que l’industrie du homard et les communautés qui en dépendent ont «gravement perdu» et que la remontée du huard leur «fait mal».

Le conseil avance que, depuis mai, la valeur du dollar américain a plongé de 1,35 $CAN à 1,25 $CAN (-7,4%).

Selon le spécialiste des taux de change xe.com, le dollar US valait 1,30 $CAN, à pareille date l’an dernier, et 1,25 $CAN cette année, ce qui représente une baisse de 3,8%.

Il s’agit de chiffres bien plus bas que les prévisions les plus pessimistes sur le prix du homard, qui prédisent une baisse de près de 30%.

L’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) s’est abstenue de spéculer sur les prix en attendant qu’un chiffre concret soit connu, la semaine prochaine. Michel Richard, organisateur de l’UPM, estime cependant que la hausse de la valeur du huard ne devrait pas avoir d’impact significatif sur le prix du homard.

«L’an dernier, le dollar canadien valait 76 cents US comparativement à 79 cents US cette année. Certainement, du point de vue des pêcheurs, 3 cents dans la devise ne devrait pas se traduire dans une grosse différence dans les prix cette année.»

«Le moral est bon sur les quais et les pêcheurs s’attendent d’avoir un prix similaire à l’an dernier. L’an dernier, les prix ont commencé à 5,50$ et 6,00$ la livre, et ç’a fini à 6,00$ et 6,50$.»

La pêche au homard a été lancée mardi matin à 6h. Elle dure 60 jours, se terminant en début octobre.

 

Prix pendant la première semaine de pêche dans le détroit de Northumberland

  • 2016: 5,50$
  • 2015: 5,00$
  • 2014: 3,25$ à 3,75$
  • 2013: 3,00$
  • 2012: 2,75$ à 3,00$