Ottawa impose une vitesse maximale aux navires pour protéger les baleines

Ottawa impose une limite de vitesse de 10 noeuds aux navires de 20 mètres ou plus dans un secteur important de l’ouest du golfe du Saint-Laurent afin de diminuer le risque de collisions mortelles avec des baleines noires de l’Atlantique Nord.

Le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, et le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, ont annoncé la mesure vendredi matin au quai de Pointe-du-Chêne.

La limite de vitesse de 10 noeuds (18,5 km/h) touche un secteur où se retrouvent 80 à 100 baleines noires, soit près de 20% de sa population globale. Elle sera appliquée immédiatement et de façon temporaire, jusqu’à ce que les baleines migrent vers le Sud pour l’hiver. L’étendue de la zone pourrait être modifiée afin de suivre les mouvements des mammifères marins.

Les navires commerciaux, comme les pétroliers et les bateaux de cargaison, se déplacent en moyenne à une vitesse de 15 noeuds. La mesure ajoutera «quelques heures» à leur trajet dans le golfe.

Les capitaines qui ne respectent pas la consigne recevront une amende pouvant aller jusqu’à 25 000$. Le gouvernement canadien surveillera la zone avec des avions capables de détecter la vitesse des bateaux.

«Les navires qui vont passer par cette zone savent qu’ils devront réduire leur vitesse. Ça veut dire un retard, dans la plupart des cas, de l’ordre de six à huit heures. Dans le cas de navires qui ont l’habitude d’aller plus rapidement, ça va avoir un impact plus grand», affirme M. Garneau.

«Mais c’est quelque chose que l’industrie maritime a bien reçu, généralement. Ils reconnaissent l’importance de protéger la baleine noire, une espèce menacée.»

En plus de la limite de vitesse obligatoire aux navires de plus de 20 mètres, le gouvernement canadien demande aux plus petits bateaux de réduire volontairement leur vitesse maximale à 10 noeuds.

Si la cause du décès de 10 baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent depuis juin n’est pas connue avec certitude, la collision avec des bateaux est parmi les principaux suspects.

Le résultat de six nécropsies – chacune ayant un coût de 60 000$ à 70 000$ – sera rendu public à la mi-septembre. Des douzaines de spécialistes de plusieurs pays y ont contribué.

Cet hiver, le ministère des Pêches et des Océans travaillera en collaboration avec l’industrie de la pêche afin de trouver des mesures pour réduire les risques de décès des baleines. Elles pourraient comprendre la réduction de cordage attaché aux casiers de pêche, l’utilisation de cordes qui montent directement à la surface et la fermeture temporaire de certaines aires de pêche.

La dernière saison de pêche de crabe des neiges dans le golfe a pris fin en mi-juillet. La prochaine sera lancée en fin avril 2018.

Au Canada, la baleine noire de l’Atlantique Nord a obtenu le statut d’espèce en voie de disparition en 1980. L’espèce faisait l’objet d’une importante pêche jusqu’aux années 1930, quand sa population a été décimée à moins d’une centaine. Il est estimé que dans les années 1600, plus de 1000 baleines noires habitaient dans les eaux de l’océan Atlantique.