Les biologistes se mobilisent pour protéger le courlis corlieu

Des biologistes de la Péninsule acadienne se mobilisent pour protéger le courlis corlieu, un oiseau migrateur qui tend à disparaître. Pour ce faire, ils mettent les producteurs de bleuets à contribution.

Le courlis corlieu est en net déclin dans la Péninsule acadienne. Un décompte effectué mardi matin fait état de 124 oiseaux de cette espèce présentement dans le nord-est de la province. C’est 10 fois moins que ce qui était observé il y a seulement trois ans.

«On est préoccupé», reconnaît Lisa Fauteux, la directrice de l’organisme environnemental Verts Rivages.

Celle-ci admet que la méthode du dénombrement de cette année peut avoir une incidence sur les résultats. De 2014 à 2016, l’opération était réalisée par survol aérien. Cette année, faute de moyens financiers suffisants, il s’est fait au sol.

Mardi, six équipes composées de quatre personnes ont arpenté les zones identifiées où trouve refuge le courlis corlieu. La diminution de cet oiseau n’en reste pas moins une réalité. Elle inquiète les biologistes de la région et du monde entier.

«Le courlis corlieu contribue à l’équilibre naturel de notre écosystème», souligne Julie Guillemot, professeure en environnement à l’Université de Moncton campus de Shippagan (UMCS).

«Nous sommes responsables de bien des changements environnementaux. Il est de notre devoir de préserver toutes les espèces qui peuplent notre planète», argumente Gabriela Ramires, ornithologue brésilienne.

Cette dernière et plusieurs autres spécialistes étrangers ont pris part au comptage de ce début de semaine. Si l’oiseau de rivage fait le bonheur des naturalistes toujours avides d’observations inhabituelles, il n’est pas bien perçu par les producteurs de bleuets.

Le courlis corlieu se nourrit de parasites et du petit fruit bleu. Des études ont montré qu’un volatile mange, en moyenne, 5 à 10lb de bleuets par saison.

L’oiseau n’est que de passage dans la Péninsule acadienne. Il y reste 20 jours environ de fin juillet à fin août. La pointe du Nouveau-Brunswick constitue sa dernière halte migratoire avant de rallier le Brésil où il demeure les automnes et les hivers.

«Ça représente un trajet de 6000km au-dessus de la mer. Il lui est donc nécessaire de se reposer et d’engraisser en vue de cette longue traversée», indique Lisa Fauteux.

Du temps où le courlis se comptait par centaines, voire par milliers, l’oiseau était chassé par les producteurs de bleuets. Il est devenu une espèce protégée. Désormais, les biologistes incitent les cultivateurs à le préserver. Certains ont assimilé ce discours.

«Le goéland est plus destructeur et plus gourmand», déclare Lane Stewart.

Ce producteur depuis quatre ans à Miscou n’a aucune aversion pour le courlis corlieu. Au contraire, il a plaisir à l’apercevoir.

«Je le prends en photo quand je le peux.»

Jean-Guy Robichaud, à Inkerman, tolère lui aussi l’animal dans ses champs. Il a d’autres préoccupations en tête, à commencer par sa propre survie. Les lois du marché lui font plus de tort que le volatile.

«On nous annonce 25 sous la livre cette année. C’est le tiers de ce qu’on était payé il y a 10 ans.»

Dans ces conditions, il a décidé de ne pas récolter ses bleuets.

«Ce serait à perte. En dessous de 30 ou 35 sous la livre, ça ne vaut pas la peine», assure-t-il.

Jean-Guy Robichaud ne cache pas son découragement et sa frustration.

«Ça me met en colère. Et le gouvernement ne fait rien pour nous aider. Il est comme les compagnies, sans cœur et sans âme. Ça fait 25 ans que je suis producteur et j’ai l’impression d’avoir travaillé pour rien. C’est dommage, j’ai pourtant une belle récolte.»

«Faire moins de bruit et réduire son empreinte»

Préserver les oiseaux de rivage est à la portée de tout le monde.

«Il faut rester conscient qu’on partage notre environnement avec d’autres espèces», rappelle Lisa Fauteux, biologiste.

Il est recommandé aux conducteurs de VTT de réduire leur vitesse et d’emprunter le sentier principal, surtout le long des rivages.

«Ça permet de faire moins de bruit et de réduire son empreinte», poursuit la spécialiste.

Aux Îles-de-la-Madeleine, au Québec, la pratique du VTT est interdite à certaines périodes de l’année au profit de la faune et de la flore.
Préserver les oiseaux de rivage est à la portée de tout le monde.

«Il faut rester conscient qu’on partage notre environnement avec d’autres espèces», rappelle Lisa Fauteux, biologiste.

Il est recommandé aux conducteurs de VTT de réduire leur vitesse et d’emprunter le sentier principal, surtout le long des rivages.

«Ça permet de faire moins de bruit et de réduire son empreinte», poursuit la spécialiste.

Aux Îles-de-la-Madeleine, au Québec, la pratique du VTT est interdite à certaines périodes de l’année au profit de la faune et de la flore.