La cathédrale de Moncton est sauvée à jamais de la démolition

La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Moncton a été désignée monument historique national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

C’est l’aboutissement de longues démarches entreprises par un comité de citoyens de la région depuis 2011.

Les bénévoles ont dû démontrer la valeur historique du monument et son importance dans l’histoire de l’Acadie auprès de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

L’organisme a le mandat de désigner des lieux, des personnes ou des événements qui ont marqué et façonné le Canada. Une historienne a visité les lieux il y a deux ans avant de soumettre un rapport à la commission qui a approuvé la désignation cet été.

«Cela démontre que l’apport de la communauté acadienne au pays est assez importante pour qu’on le reconnaisse officiellement», se félicite Marie-Linda Lord, présidente de la Fondation de la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption.

Inauguré en 1940, il s’agit du seul monument national historique acadien du 20ème siècle. À part le Monument Lefebvre de Memramcook et la cathédrale, tous les édifices acadiens du Nouveau-Brunswick ayant reçu cette désignation symbolique datent d’avant la déportation.

«C’est le monument de la reconnaissance, il devait signifier la survivance, la vitalité et la destinée du peuple acadien. Il devait l’inscrire dans la modernité», rappelle Marie-Linda Lord.

«La cathédrale a été construite en 10 mois ça a été un effort collectif de bâtisseurs et bâtisseuses, les gens travaillaient sur le chantier après leur journée de travail. Les dons sont venus du Québec, de la Louisiane, de toutes les provinces des Maritimes», raconte-t-elle.

Une plaque commémorative sera dévoilée dans les prochaines semaines.

«Ça va être très bon pour le tourisme. La cathédrale va devenir un lieu d’intérêt touristique, croit Mme Lord. Ça préserve aussi l’édifice de toute possibilité de démolition, même si cette option a déjà été éliminée grâce au succès de notre campagne de financement.»

La désignation pourrait d’ailleurs donner un nouveau souffle à la collecte de fonds pour la rénovation du lieu de culte. Quelque 6,2 millions $ ont été amassés, l’objectif de 7 millions $ n’est plus très loin.

«Ça va nous aider à compléter la campagne. Des gens et certaines organisations nous ont dit qu’ils seraient enclins à nous faire un don si nous obtenons la désignation historique. On va retourner voir ces personnes.»

En attendant, les ouvriers sont toujours à l’oeuvre et poursuivent la réfection de la cathédrale. D’ici la fin des travaux en 2020, le mortier, le clocher et la toiture seront retapés et de nombreuses fenêtres seront remplacées.

Lancée en avril 2015, la campagne de financement avait comme objectif de sauvegarder le lieu de culte de la démolition ou de la vente.

Actuellement fermé au public, l’édifice devrait rouvrir ses portes aux fidèles avant l’hiver. Le projet Place de la cathédrale est également en bonne voie: le rez-de-chaussée de l’église accueillera bientôt divers organismes acadiens.

La Société Nationale de l’Acadie, la Fédération des jeunes francophones du N.-B. et le Conseil des sociétés culturelles y éliront domicile dès décembre.