Marijuana: Zenabis obtient le feu vert d’Ottawa

Après plusieurs années d’attentes, la compagnie Zenabis d’Atholville peut enfin cultiver ses premiers plants de marijuana.

L’ambiance était à la fête aux bureaux de Zenabis, vendredi après-midi. C’est que quelques heures plus tôt, Santé Canada confirmait l’octroi d’un permis de culture à l’entreprise restigouchoise, une nouvelle attendue avec beaucoup de fébrilité.

«Tout le monde a le sourire au visage aujourd’hui. C’est le travail de plusieurs mois, voire même de plusieurs années, qui débouche enfin sur quelque chose de concret. On est vraiment tous très contents de la nouvelle et on s’apprête maintenant à célébrer tout ça», confie la porte-parole de la compagnie, May Nazair.

L’annonce survient un peu plus d’un mois après que la compagnie International Herbs Medical Marijuana – qui est derrière le projet Zenabis – ait obtenu une licence similaire pour son usine de Delta en Colombie-Britannique. Bien que de tailles différentes, les deux usines cultiveront sensiblement le même produit. D’ailleurs, les équipes ont oeuvré conjointement sur les deux projets.

Selon Mme Nazair, les employés de Zenabis ont travaillé d’arrache-pied depuis septembre afin de faire en sorte que le bâtiment respecte à la lettre toutes les exigences de Santé Canada en matière de sécurité.

«Ça représente un travail colossal. Ça ne se voyait pas nécessairement à l’extérieur de l’usine, mais ça fourmillait à l’intérieur. Notre équipe était vraiment dédiée à la tâche si bien qu’aujourd’hui, on est très fier d’être conforme et de recevoir cette autorisation», poursuit Mme Nazair.

Le permis en question ouvre la voie à la culture et à l’importation de plants de marijuana par l’entreprise restigouchoise. Le produit sera par la suite analysé par Santé Canada et, si tout est conforme, l’entreprise pourra obtenir une licence de producteur pour la vente sur le marché.

«À ce stade, aucun plant n’a encore pénétré ou poussé dans l’usine, mais ça ne saurait tarder maintenant que nous avons obtenu l’autorisation nécessaire. Nous allons faire les achats nécessaires pour commencer la production des premiers spécimens de marijuana. On se donne quelques semaines pour être fin prêts», estime-t-elle.

L’entreprise devrait déterminer d’ici quelques semaines le nombre d’employés dont elle aura besoin pour cette étape.

Enfin!

L’annonce de l’octroi du permis de production à l’entreprise Zenabis a été accueillie avec beaucoup de soulagement par le maire d’Atholville, Michel Soucy.

«On suit et fait la promotion de ce projet depuis plus de trois ans et je ne pourrais dire à quel point l’annonce d’aujourd’hui est douce à mes oreilles. Ce n’est que du positif», exprime-t-il.

Selon lui, même si la compagnie sœur de Zenabis avait obtenu son permis de production, rien n’était sûr pour autant pour l’usine restigouchoise. L’octroi du permis vient par contre faire taire une fois pour toutes les doutes et les incertitudes.

«Le projet est dans les airs depuis un bon moment déjà et j’ai entendu plus d’une fois les gens se décourager parce qu’on en entendait peu parler. Et bien là, on est tout prêt du but. On a très hâte de voir l’impact que cela aura sur l’emploi, mais aussi sur l’économie en général, car plusieurs attendaient que ça débloque pour investir», ajoute le maire.

La porte-parole de Zenabis, May Nazair, a d’ailleurs tenu à saluer la persévérance de la communauté et son rôle primordial tout au long de l’évolution du projet Zenabis.

«L’annonce d’aujourd’hui est le résultat d’un travail d’équipe, mais aussi d’un travail régional. La province, les municipalités, les gens d’affaires, la communauté en général du Restigouche… Tout le monde a joué un rôle dans l’aboutissement positif de ce projet. Je ne crois pas que nous y serions parvenus si tout le monde n’avait pas mis l’épaule à la roue», indique-t-elle.