Les Néo-Brunswickois ont-ils payé 15 millions $ de trop pour leur essence?

Un nouveau rapport du Atlantic Institute for Market Studies avance que les Néo-Brunswickois ont payé 15 millions $ de trop pour leur essence, en raison de la réglementation des prix introduite en 2006. Un économiste dénonce le rapport, affirmant qu’il s’agit de «propagande» et que le travail du groupe est «incompétent» et «malhonnête».

Le professeur d’économie de University of New Brunswick, Rod Hill, a publié un document de 21 pages, en 2009, en réaction à un premier rapport du Atlantic Institute for Market Studies (AIMS) sur la réglementation du prix de l’essence.

À l’époque, AIMS affirmait que la réglementation a coûté 9,4 millions $ aux Néo-Brunswickois, ou 0,35 cent le litre, comparativement au temps où il n’y a pas de prix maximum de l’essence.

Dr Hill était très critique envers AIMS, faisant remarquer qu’elle n’avait pas tenu compte de l’inflation. En corrigeant l’erreur, l’économiste a trouvé que les Néo-Brunswickois avaient plutôt payé 0,2 cent le litre de moins qu’un marché déréglementé, c’est-à-dire environ 5,2 millions $.

Dans son nouveau rapport, publié la semaine dernière, AIMS réutilise les chiffres non ajustés à l’inflation du rapport de 2009.

«Je le dirais comme ceci: les chiffres en gros titre sont des ordures. C’est pratiquement frauduleux. Tous les chiffres dans leur rapport de 2009 étaient faux et ils continuent de les utiliser», affirme Dr Hill.

Dans son rapport, AIMS affirme qu’après avoir payé 9,4 millions $ de trop, de 2006 à 2009, les Néo-Brunswickois ont payé 6,3 millions $ de trop, de 2009 à 2017. Selon M. Hill, le chiffre dans la deuxième période est plus bas, car les auteurs ont tenu compte de l’inflation.

«Ils ajoutent des pommes et des oranges. Ils ajoutent les résultats de calculs non ajustés à l’inflation à un chiffre ajusté à l’inflation, ce qui est absurde.»

L’an dernier, des données provenant de la firme ontarienne Kent Group ont démontré que le litre d’essence sans plomb au Nouveau-Brunswick coûtait 2,48 cents de plus que la moyenne nationale avant la réforme de 2006. Depuis, il est 1,4 cent plus bas que la moyenne du Canada.

Dans les notes de fin de son rapport de 2017, AIMS affirme que tous les prix du document ont été ajustés selon l’inflation. Il ajoute cependant que les chiffres utilisés pour 2006 à 2009 proviennent du rapport publié il y a huit ans.

«Quand j’ai lu le rapport, samedi, je ne pouvais pas croire à quel point c’est incompétent. Il a évidemment été écrit par quelqu’un qui n’avait même pas des notions de base d’économie de première année universitaire. J’étais étonné, honnêtement.»

«On croirait que, si on est pour faire une telle propagande, on le ferait de façon plus rusée. Mais ça, c’est tout simplement gênant.»

L’Acadie Nouvelle a tenté d’obtenir des réactions de l’auteur du rapport d’AIMS, le directeur général Marco Navarro-Génie, mais il n’a pas répondu avant l’heure de tombée à notre message laissé sur sa boîte vocale, lundi matin.